3 bonnes raisons de voir ou revoir Spy sur Disney+

Pour contrebalancer l’abondance d’histoires fantastiques/dystopiques/réalistes qui pullulent ces derniers temps sur les plateformes de streaming, on a décidé de ressortir de nos placards une comédie d’espionnage fantasque signée Paul Feig, Spy, histoire de rire un peu. Direction le catalogue Disney+ !

1. Une femme dans la peau d’un James Bond, ou le contre-emploi à son meilleur

Après s’être essayé à la satire de polar avec le passable Les Flingueuses, Paul Feig s’est attaqué au pastiche de film d’espionnage avec Spy. Il retrouve pour l’occasion l’actrice Melissa McCarthy, comédienne qu’il a vraisemblablement propulsée sous les projecteurs. Car au regard de la carrière de cette dernière, principalement composée de DTV (Direct To Video), dont Tammy et St Vincent et de projets bons marchés, la comédienne au bagou sans pareil semblait cantonnée au rôle de bonne copine un peu loufoque.

Heureusement pour elle (et pour nous), Feig a décidé de lui confier un premier rôle de choix aux côtés de deux pointures : un spécialiste de films d’actions et un séducteur bondien de premier ordre.

critique spy

En ce sens, Spy fait preuve d’un féminisme revendiqué et entend contrebalancer avec le déséquilibre inégalitaire du genre. Le genre féminin représenté par la discrète et rondelette McCarthy trouve écho auprès de Rose Byrne, que le cinéaste gratifie d’un rôle de garce maigrelette qui n’a aucuns remords à exécuter quiconque la décevrait un tant soit peu. Lorsque ces deux femmes d’action sont amenées à se côtoyer, par un drôle d’arrangement scénaristique, elles forment un duo aux antipodes où les piques capillaires et vestimentaires fendent l’air. L’antagonisme évident des deux personnalités va être à l’origine de quelques séquences désopilantes.

2. Une action menée tambour battant, sans temps mort

En face, les figures mâles se font copieusement descendre. Feig s’amuse à tourner au ridicule l’héroïsme et les faits d’arme d’un Jason Statham machiste à l’extrême, à rendre dégoulinantes les tentatives de charme de Jude Law pour garder son agent Cooper dans la poche et carrément grossières les allusions répétées de Peter Serafinowicz (Aldo). C’est simple, l’homme est ici soit macho, soit grossier, soit manipulateur, soit malhonnête.

Et dans cette offensive pro-femme dans un monde – et un genre – de mâles, le cinéaste compile un nombre de gags faramineux à la minute. La répartie de l’actrice principale n’y est d’ailleurs pas étrangère ni le nombre incalculable de scènes où son contre-emploi fait rage dans un comique de situation toujours bien dosé. Derrière ce déluge de galéjades, l’action n’a pas à rougir des classiques de l’espionnage puisque la production a visiblement mis ses gros moyens au service de l’esbroufe. Entre duels à mains nues et course-poursuites grosse cylindrée contre scooter, la besogne ne manque pas de piquant (attendez de voir une bagarre féminine avec couteaux et poêles du meilleur effet).

Spy critique

3. Entre comédie loufoque et film d’action, Spy n’a pas su choisir, et c’est tant mieux !

Par ailleurs, le scénario ne manque pas de ménager un peu de suspense et de dérouler son intrigue intelligemment sans trop en montrer, le tout en enchainant les tableaux à un rythme effréné. Spy ose quelques scènes trash, aussi bien dans le gore (certains plans sont étonnamment explicites et passablement gênants) que dans le sexe (des inserts de pénis en érection ? à Hollywood ?).

Côté interprétation, si on ne peut plus nier la force comique de Melissa McCarthy, on est content de recroiser un Jason Statham dans un registre comique, qui retrouve la fougue aperçue à ses débuts chez Guy Ritchie (Arnaques, crimes et botanique et Snatch). De leur côté, Rose Byrne, force tranquille et Jude Law, séducteur comme jamais, remplissent leur contrat sans faux pas.

critique Spy

Intrépide et farceur, Paul Feig n’en est pas pour autant moins enclin à caresser les studios dans le sens du poil. Spy n’échappe pas aux petites erreurs de cabotin (apparition d’un rappeur connu plutôt maladroite et fin décevante) mais à le mérite de ne pas dresser une morale toute rose, prenant soin de laisser chaque chose à sa place (et à la place que notre physique nous assigne). Sous couvert de blockbuster décadent, Feig évite le pastiche pur du genre Y-a-t-il un flic pour sauver la Reine ? et propose un concentré d’humour, d’action et de charme un peu décalé, mais terriblement efficace.

Notre note : ⭐ ⭐ ⭐ ⭐ ★

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