Ryan Gosling plane sur The Place Beyond the Pines

Un film sombre et passionnant porté par un casting d’exception

Sur les écrans ce 20 mars 2013, The Place Beyond the Pines est un triptyque sombre sur la paternité et la transmission, quand les actes des aînés affectent les générations futures, servi par le charismatique Ryan Gosling et le troublant Bradley Cooper.

Le film a été tourné dans le nord de l'État de New York, dans la ville de Schenectady, qui signifie en iroquois The Place Beyond the Pines (« l'endroit qui se trouve au-delà des pins »).

Après les poursuites en voiture, les cascades à moto

Premier volet, essentiellement dans l'action : Ryan Gosling a troqué sa voiture de Drive pour une moto avec laquelle il fait des cascades impressionnantes dans une fête foraine itinérante.

Cheveux peroxydés, tatoué façon Bad Boy, il incarne Luke, au passé énigmatique, mais dont on devine qu'il n'a pas été simple. Pour subvenir aux besoins d'un fils dont il vient d'apprendre l'existence, il va devenir braqueur de banque. Sa carrière de voleur prend fin rapidement quand un policier de 28 ans (Bradley Cooper) le tue.

Un film tortueux et passionnant

La deuxième partie, plus sinueuse, suit ce policier devenu un héros, mais honteux au fond de lui, car il sait qu'il a tué Luke sans être en légitime défense. Il délaisse aussi son jeune fils pour jeter ses forces dans une autre bataille : la lutte contre une hiérarchie corrompue afin de grimper dans l'échelle sociale.

Le troisième volet a des airs de tragédie shakespearienne : les enfants de Luke et Avery ont grandi et se retrouvent par hasard sur les bancs du même lycée. L'heure de connaître la vérité a sonné.

Le film a été tourné le plus possible dans de vrais hôpitaux, poste de police, banques et fête foraine « pour faire en sorte que les acteurs côtoient autant que possible des personnes réelles, ancrer le film dans la réalité », confie le réalisateur Derek Cianfrance qui a débuté par le documentaire.

Des choix difficiles à faire

Après un premier long-métrage sur l'histoire de deux frères (Brother Tied), puis le remarqué Blue Valentine sur un couple marié, le dernier opus de Cianfrance reste dans l'univers familial sous l'angle de la relation père-fils. « C'est un film sur le thème de l'héritage et de la transmission », dit-il dans des notes d'intention. « Il y est question des choix que l'on fait et de la manière dont ils affectent plusieurs générations », poursuit le cinéaste.

Jason (Dane Dehaan, étoile montante du cinéma américain), le fils de Luke, a beau avoir été élevé entouré d'amour grâce à sa mère et son beau-père, il lui manque quelque chose.
A.J (Emory Cohen, autre jeune acteur en vue actuellement), fils d'Avery, a beau vivre dans une belle maison, un beau quartier, il souffre de l'absence de son père occupé à devenir procureur général.

Au final, Derek Cianfrance signe un film à l'image soignée et au scénario assez habile. Il offre surtout à Ryan Gosling qu'il avait déjà dirigé dans Blue Valentine, un rôle puissant.

Une scène d’ouverture incroyable

Le film s'ouvre sur une incroyable scène où Luke-Gosling, se prépare à entrer dans une boule géante dans laquelle trois motos se croisent dangereusement. La caméra s'attarde sur son torse musclé et tatoué. Il met lentement son blouson. La tension est palpable.

Bien qu'absent des deux tiers du film et pour cause, l'ombre de Luke est omniprésente, comme un fantôme qu'on attend à voir surgir de n'importe où.

Bradley Cooper, plus habitué aux comédies comme Very Bad Trip, apparaît au départ bien plus lisse, mais petit à petit, il donne de l'épaisseur à ce policier ambitieux et sans scrupule.

Enfin, Eva Mendes, compagne dans la vie de Ryan Gosling, joue avec subtilité la mère de Jason, écartelée entre la sécurité et l'amour, entre son fils et Luke.

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