« L’Homme-Miroir »

Le cancer du sein vu par les hommes

Cancer du sein, la place de l’homme ? C’est la question que pose « L’Homme-Miroir », un ouvrage graphique original et solidaire initié par Valérie Heymann. Publié depuis le 21 octobre à l’occasion d’Octobre Rose, mois international consacré au cancer du sein, l’ouvrage est vendu au profit de l’Institut de cancérologie Gustave Roussy de Villejuif.

En France, une femme sur dix est touchée par un cancer du sein. A côté de l’épreuve subie par la femme, il y a celle, plus discrète, de l’homme. Comment vit-il la maladie de la femme? Quelle place doit-il prendre pour la soutenir ? Initiée par Valérie Heymann, touchée par un cancer du sein en 2005, « L’Homme-Miroir » resitue l’homme au cœur du drame. Pour parler de ce sujet délicat, elle a choisi de faire appel à un collectif d’illustrateurs, de peintres et de dessinateurs de bandes dessinées et leur a confié des textes poétiques écrits durant sa maladie. Malgré la liberté de ton, le propos s’est révélé complexe pour certains dessinateurs, le thème du cancer les renvoyant parfois à des expériences intimes et douloureuses de la maladie. Il en résulte un livre original et émouvant, un patchwork d'expressions, mêlant la tragédie et la comédie. « L’Homme-Miroir » ou comment aider à mettre des mots sur des maux.

Retrouvez L'INTERVIEW de Valérie Heymann en page 2.

Pour en savoir plus :
– « L’Homme-Miroir », édition Module Etrange.
– Prix : 10 Euros dont 5 Euros reversés à l’Institut de cancérologie Gustave Roussy.
– Pour télécharger le bon de commande, cliquez ici.Valérie Heymann est à l’initiative de l’ouvrage « L’Homme-Miroir ». Touchée par un cancer du sein, elle s’est interrogée sur la place et le regard de l’homme face à la maladie de leur femme, mère ou encore amie. Elle revient sur le message délivré par « L’Homme-Miroir ».

Comment est né « L’Homme-Miroir » ?

« La genèse c’est évidemment ma maladie. J’ai appris que je souffrais d’un cancer du sein en 2005. J’ai su très vite que cette maladie était quelque chose de positif pour moi. J’étais confrontée à l’urgence de vivre et au fait que j’avais encore des choses à vivre et surtout à dire. J’ai donc écrit des textes dont certains avaient trait à cette prise de conscience. Pendant cette période, je me suis aussi beaucoup interrogée sur la place de l’homme face au cancer du sein. Comment va-t-il le vivre ? Est-il suffisamment armé pour affronter cette épreuve ? Cette interrogation a été le fil conducteur. A partir de là, j’ai essayé de construire un projet autour de ce sujet. J’ai demandé à des illustrateurs d’y participer. L’idée était de leur offrir la parole.»

La place de l’homme face au cancer du sein de la femme, qu’elle soit, la mère, la compagne, la fille… est difficile à trouver car cette maladie touche à l’intime de la femme, à son image de femme. Comment l’ouvrage tente-t-il de répondre à cette question ?

« L’idée de « L’Homme-Miroir » n’est pas d’apporter une réponse claire à cette question de la place de l’homme. C’est au cas par cas. Les hommes réagissent de façon différente selon leurs parcours personnels, leur éducation. Le livre en fait, est une grande interrogation : les hommes et les femmes sont-ils armés de la même manière pour réagir face à ce coup dur ? Vraisemblablement non. L’homme est affecté dans l’image qu’il a de la femme. Cela le renvoie à des choses très personnelles. C’est aussi sa part de féminité qui est atteinte. Il y a un énorme travail à faire sur soi-même. Par cet ouvrage, nous voulons simplement montrer que les hommes existent. Ces derniers montrent difficilement leur souffrance et leur détresse. Mais il faut qu’ils réussissent à exprimer ce qu’ils ressentent. « Que puis-je faire pour l’aider ? », « Comment prendre ma place dans le soin ? » sont des questions que l’homme doit réussir à formuler. Le livre doit servir de tremplin pour ouvrir la discussion.»

Vous évoquiez l’image que l’homme a de la femme touchée par la maladie, au fait que cela touche aussi sa propre part de féminité. C’est ce que symbolise le titre « L’Homme-Miroir » ?

« L’idée du titre, c’est qu’il y ait une femme au centre et des hommes placés tout autour d’elle. La femme au centre est une femme en souffrance. Ce cercle d’hommes fait office de miroir. Il faut lui renvoyer une image, mais quelle image ? J’ai vu beaucoup d’hommes complètement effacés par rapport à leur femme parce que c’était difficile pour eux. L’homme a le choix, dans sa position autour de la femme. Il a beaucoup de cartes en main pour renvoyer une image. Mais il faut qu’il aille dans l’interrogation, dans l’ouverture. Il doit puiser en lui. Ce qui est important c’est que les hommes aient envie d’être proches de la femme malade.»

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