Ludovic Bonnet
Il y a 1 semaine

[TEST & AVIS] Montre Yema Superman : une super-renaissance !

Yema est une marque horlogère française historique. Mais elle a bien failli disparaître à l’aube du 21ème siècle. De retour sur le devant de la scène en 2020, la maison franc-comtoise réinvente sa montre Superman via une campagne de financement participatif.

En avant-première, on a pu découvrir la Yema Superman Steel Bronze Gray, animée par le nouveau calibre YEMA2000.

Yema, une manufacture horlogère à l’histoire mouvementée

Il fut un temps où l’on parlait beaucoup de la marque Yema sur Masculin.com. C’était à la fin des années 2000, dans les premières années de vie de votre blog favori… et (presque) les dernières de la maison horlogère. Car oui, Yema a bien failli disparaître.

Des montres taillées pour la plongée et l’espace

C’est en 1948 que Yema voit le jour à Besançon, dans le Doubs. Là où l’horlogerie française puise ses racines et son savoir-faire. Rapidement, elle se forge une belle réputation, avec la création de ses premiers chronomètres automatiques en 1952. Dès l’année suivante, dans la foulée de la Rolex Submariner, Yema devient l’une des premières marques “à proposer des montres pouvant être utilisées en plongée et descendre à 200 mètres”.

Dix ans plus tard, en 1963, l’étanchéité est portée à 300 mètres avec la sortie de la toute première montre Superman. Un nom de super-héros pour un garde-temps indestructible ou presque, spécialement conçu pour les plongeurs professionnels et destiné à équiper les soldats de l’Armée de l’Air française.

Les grands fonds et le vide spatial sont les terrains de jeu favoris de Yema. Tandis que la Superman devient peu à peu un modèle iconique et même mythique (ah, la référence 53.00.16), la Spationaute I portée par Jean-Loup Chrétien devient la première montre française à être portée dans l’espace en 1982 !

Des hauts et des bas

Forcément, à force de naviguer entre l’espace et les fonds marins, Yema connaît des hauts et des bas. La marque créée par Henry Louis Belmont change de propriétaire à de multiples reprises dans les années 1980.

Fournisseur officiel du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), en route pour le pôle Nord avec Jean-Louis Etienne et sa bien nommée montré North Pole, Yema passe finalement sous bannière japonaise en 1988, au sein du groupe Hattori, distributeur des marques Seiko, Pulsar et Jaz entre autres.

Rachetée en 2004, la marque comtoise devient officiellement “Yema Maison Horlogère Française 1948” et entend faire honneur à ses origines. Elle réédite des montres comme la Rallygraf, la Landgraf ou la Flygraf, réinterprète sa montre Sous-Marine… mais finit par être placée en liquidation judiciaire en 2009.

Rachetée par le groupe Montres Ambre de Morteau, elle aura mis 10 ans à revenir sur le devant de la scène. En 2019, Yema lance une campagne de crowdfunding couronnée de succès avec sa montre Superman Heritage : 940 000 euros récoltés sur les 200 000 demandés. Une réussite qui a conduit les responsables de la marque à appliquer le même procédé pour lancer les nouveaux calibres maison en 2020 !

Découverte en avant-première de la nouvelle montre Yema Superman

Pour cette fin d’année, ce n’est pas une mais deux nouvelles Superman qui sont lancées sur Kickstarter :

  • Superman Steel-Bronze, animée par le calibre 3 aiguilles YEMA2000 ;
  • Superman Bronze, dotée du calibre GMT YEMA3000.

Chaque version est déclinée en 2 couleurs différentes de cadran (gris ou vert pour l’une, noir ou bleu pour l’autre), avec un boîtier de 39 mm ou 41 mm et 2 bracelets au choix.

Un look résolument rétro

Dans le cadre de ce test, c’est un prototype de la Superman Steel-Bronze Gray de 41 mm que j’ai pu arborer à mon poignet ces dernières semaines. Comme son nom l’indique, elle se distingue avant tout par sa lunette unidirectionnelle en bronze sablé, protégée par un mécanisme de verrouillage à 3h.

Le boîtier, lui, est en acier 316L brossé et entoure un cadran gris foncé. Celui-ci accueille un guichet date à 3h et 3 aiguilles, dont l’iconique trotteuse “pelle” qui équipait déjà certaines montres Yema dans les années 1970. Le traitement Super-LumiNova des aiguilles et index assurent une lisibilité optimale dans l’obscurité (n’oublions pas que la Superman est une montre de plongée à la base !).

L’utilisation d’un verre saphir bombé de 2,60 mm d’épaisseur (avec effet loupe grossissante) confère une allure encore plus vintage à cette montre. Impression renforcée par l’élégant bracelet en cuir noir “made in France”.

Aussi belle dehors que dedans

On l’a évoqué un peu plus haut : la principale nouveauté de cette montre Yema est celle qui ne se voit pas. Ou presque ! Car depuis 2018, la maison horlogère travaillait dans ses ateliers de Morteau sur la création de deux nouveaux mouvements maisons : le YEMA3000 GMT et le YEMA2000 3 aiguilles, qui équipe donc la montre présentée dans ce test.

Evolution du calibre MBP1000, ce dernier se veut encore plus fiable et précis. Yema annonce ainsi une dérive journalière de +/- 10 secondes/jour et une réserve de marche de 42h. Des chiffres comparables (voire meilleurs) à ceux d’un mouvement Swiss made Sellita SW200-1 ou à son équivalent japonais Miyota 9015. Mais ici, le made in France prévaut ! On regrette juste de ne pas pouvoir l’admirer à travers un fond transparent !

Ces origines françaises, on les retrouve aussi sur l’étui de voyage en cuir dans lequel est livré la montre. Outre son ruban tricolore, cet écrin se distingue par son superbe cuir perforé. Le garde-temps est confortablement niché à l’intérieur, accompagné d’un second bracelet, d’un livret Yema et de la carte de garantie de 2 ans.

Précisons enfin que cette Yema Superman est proposée en édition limitée et numérotée à 1948 exemplaires. Dans le cadre de la campagne de financement, le prix est fixé à 545 euros pour la version testée (-45% par rapport au prix public final) et à 749 euros pour la version GMT.

Ludovic Bonnet

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !