Défilés de mode homme à Milan : enfin de la folie !

Des vrais défilés d’été pour les collections 2015

Plus de couleurs, de la décontraction, des tenues légères et un brin de folie : l'été est enfin arrivé sur les podiums, grâce notamment à Bottega Veneta et Vivienne Westwood, lors des défilés milanais de prêt-à-porter masculin pour l'été 2015.

Bottega Veneta : une grande décontraction

Couleurs pastel – vert d'eau, bleu lagon, rose pâle, sable, crème – et bermudas, pantalons roulés en boules jusqu'aux genoux, tee-shirts légers et au col très large, chemises qui s'ouvrent généreusement sur la poitrine, matières fluides et légères – soie, coton, viscose, lin –, pulls à même la peau…

Légèreté et élégance, et surtout une grande décontraction pour des tenues très estivales. Au pied, des tennis confortables et au bras, de larges sacs en cuir de vachette avec en clin d'oeil, le motif "intrecciato", emblème de la maison. Le directeur artistique Thomas Maier, très applaudi, a expliqué avoir voulu "transmettre une idée de liberté, d'athlétisme et de relaxation". Un pari réussi !

Salvatore Ferragamo : des couleurs timides

Là aussi, les couleurs sont présentes, mais de manière plus timide. D'où des teintes plutôt rouge brique, bleu pétrole, vert sapin, ocre. Beaucoup de shorts, en viscose et soie, qui pourraient ressembler à des pyjamas mais qui, associés à des motifs pied-de-poule, cachemire ou à carreaux, les "habillent" au mieux, un bon point à porter au crédit du directeur artistique de la marque, Massimiliano Giornetti. Jambes et pieds sont nus, dans des mi-sandales, mi-mocassins, et les vestes ont les manches courtes ou relevées.

Vivienne Westwood : touche pas à mon cochon !

Ce n'est pas à la grande dame de la mode anglaise qu'on reprocherait d'être trop terne ou de valoriser des tenues trop classiques… Au contraire, si là aussi les pantalons remontent aux genoux, les mannequins portent des piercings au nez et des signes cabalistiques dessinés sur leur visage… ou carrément un faux nez de cochon (la créatrice se bat contre l'élevage intensifs des porcs).

Grosses fleurs sur fond noir, caleçons moulants imprimés, chemises col pelle à tarte, larges chapeaux haut de forme en paille… Certes, ça part un peu dans tous les sens, mais au moins, ça décoiffe !

Missoni : le surf encore à l'honneur

Angela Missoni, l'héritière de la grande maison italienne de maille, poursuit sa quête de l'homme surfeur encore cet été, dans ce qu'elle appelle une ambiance "bohémienne hédoniste".

Dans ce nouveau défilé, le mâle Missoni, tous pectoraux dehors, est "curieux et cosmopolite", se laisse porter par le "métissage des cultures, entre la sensibilité européenne et la nature exotique et transcendante du Maghreb". D'où des gilets aux motifs de tapis marocains, des écharpes à rayures horizontales, des teintes tye-and-dye bleu marine et vert émeraude et les couleurs du désert sont reines: sable, ocre, brique… Là aussi, le short se porte au-dessus du genou, décidément une tendance lourde de la prochaine saison.

Prada : un défilé très sombre

Avec comme décor une piscine, on imaginait la collection dessinée par Miuccia Prada avoir été inspirée par l'ambiance bleu lagon des mers du Sud. Que nenni, c'étaient plutôt les abysses autour desquelles défilaient les mannequins, au son d'une musique flippante et très dark.

Et cette noirceur s'est vue dans les vêtements – des costumes noirs aux empiècements blancs, du vert foncé, du bleu jean – mais également dans l'absence totale du moindre bout de peau. Pas un mollet, pas un bras, pas un cou dévoilé! Seuls sont visibles les chevilles et les pieds, au large dans des sandales de piscine revisitées. Pas un bermuda, un tee-shirt ni une chemisette, mais des pulls et des imperméables. Dommage pour une collection qui n'a d'estivale que le nom.

Alors que Dolce&Gabbana s'inspirent de l'influence espagnole sur leur chère Sicile entre 1516 et 1713, leurs collègues restent résolument modernes, prenant comme modèles architectes, sculpteurs ou rockers bien de notre siècle, lors des défilés milanais de prêt-à-porter masculin pour l'été prochain.

Dolce&Gabbana : un défilé "olé olé"

Ambiance arènes de Las Ventas à Madrid, peñas et castagnettes, boléro et corrida, Domenico Dolce et Stefano Gabbana n'ont pas fait dans la dentelle au cours de ce défilé estival très "olé olé". Les hommes défilent au son du pasodoble portant des vestes de torero et des pantalons arrivant à mi-mollet ornés de broderies noires que ne renieraient pas José Tomas ou Jesulin de Ubrique. Sur de larges blouses en soie aux manches trois quarts, une Virgén de la Macarena ou un toro, et de gros pois, noir sur fond rouge ou vice versa, habillent les costumes trois-pièces.

Ermenegildo Zegna : de l'architecture à la mode

Stefano Pilati a choisi l'architecture, et notamment celle de l'île grecque de Paros, comme source d'inspiration et telles des gratte-ciel, les silhouettes proposées par le designer italien ne sont que finesse et sveltesse, accentuées par des rayures verticales, omniprésentes dans la collection. Conçues comme le moyen d'"illustrer un exercice de style dans lequel la formalité et le temps libre respirent la même allure alanguie propre à l'été", elles sont de tous les costumes. A la taille des pantalons ou au bas des tee-shirts, des vraies/fausses bretelles qui tombent négligemment sur les hanches, comme pour les affiner. Très présent également, le foulard en soie et à motif cachemire, serré autour du cou, qui se fond presque dans le col de la chemise, fermée haut. Des couleurs plutôt sombres, classiques, des coupes droites, pour un homme Zegna à qui le fonctionnel et le pratique importent, où le vêtement "incarne les structures sociales, les logiques du business".

Costume National : l'homme doit "se libérer des clichés"

Un peu plus d'audace chez Costume National, pour qui le créateur Ennio Capasa, toujours très inspiré par le rock et les années 70, a soif d'une "élégance vécue librement". De Mick Jagger à David Bowie, de Lou Reed à Bob Dylan, de John Lennon à Jimmy Hendrix et Keith Richards, l'homme doit se "libérer des schémas et des clichés, surprendre par un chant de liberté". D'où pas mal de cuir ou de peau retournée, des couleurs mates – beaucoup de bleu, du lagon au presque mauve mais également du violine ou du rouge brique  mais aussi du blanc immaculé, des pieds à la tête. Le foulard s'accroche au poignet et la veste, très ouverte, se porte sans rien dessous. Les matières – viscose, crêpe de Chine – donnent aux blousons de bikers, un rien vintage, un charme fou.

Les Hommes : l'élégance urbaine

Tom Notte et Bart Vandebosch, prônant une "élégance urbaine" au "goût de l'acier" en prenant comme modèles les sculptures de l'artiste américain Richard Serra, misent sur un sportswear qui se voudrait sophistiqué. C'est ainsi que le duo ose la combinaison de travail tellement chic que la cravate est de mise. Palette de couleurs sombres – du bleu pétrole au noir, avec quelques touches jaune poussin –, et matières qui brillent ou qui claquent comme le néoprène. Les bermudas se portent tels des shorts, au_dessus du genou et les mannequins, dont les cheveux sont coiffés en "banane" façon rockabilly, portent des blouses larges, aux manches courtes, coupés à hauteur des poches par des bandes horizontales de couleur.

Marni : un look avant-gardiste

La collection de Consuelo Castiglioni comporte une série de tenues avant-gardistes et urbaines. Les silhouettes amples et sportives se colorent de bleus foncés, de verts et de gris, teintés d'un peu de rouge et de jaune. Les costumes légers en laine se composent de vestes cintrées et de longs pantalons, les sweatshirts se parent de motifs éclatants.

 

Emporio Armani : une collection taillée au laser

"L'équilibre entre expérimentation et rigueur, typique du style Emporio Armani, donne vie à une collection fortement urbaine, où les formes architecturales d'avant-garde (le nom de la collection, ndlr) se transforment en graphisme pur, de lignes et de couleurs", explique le styliste italien.

D'où un maximum de motifs géométriques taillés au laser, des rayures et du noir et blanc dans toutes leurs nuances, et des tissus naturels – laine, coton et soie. Décontractés, les mannequins portent les vestes à la main, et les shorts longs, ceinturés à la taille, sont associés à des chemises amples en soie. Au pied, des sneakers, très sport.

Gucci : l'homme aux deux visages

L'homme Gucci a deux facettes, l'une "excentrique, bohémienne, à l'esprit libre", d'où des pantalons de "pirates" à rayures horizontales, et l'autre, "très jet-set, élégante et passionnée par les sports aristocratiques", d'où une série de tenues que ne renieraient pas les membres du Yacht-Club de Monaco ou les élégants en balade à Capri, avec beaucoup de rouge vif, du bleu marine et du blanc, et des pulls à grosses côtes type loup de mer. Le pantalon se porte slim et au-dessus des chevilles ou carrément à revers, sur des mocassins, et le yachtman porte sur son dos un gros sac de marin ou une grande besace, mais en cuir blanc s'il vous plaît, et avec des bandoulières forcément à rayures.

Etro : un défilé appétissant

Inspiré par le thème de l'Exposition universelle de Milan en 2015 et qui s'intitulera "Nourrir la planète, énergie pour la vie", ainsi que par les tableaux "végétaux" d'Arcimboldo au XVIe siècle, Kean Etro, partisan du mouvement "Slow Food", a voulu rendre hommage à la grande tradition culinaire italienne.
Chemises et pantalons sont entièrement faits d'imprimés représentant des assiettes, des fruits, des piles de crustacés, du risotto alla milanese, et même des palourdes (les fameuses "vongole"). Les couleurs majoritaires des vêtements reprennent celles des aliments de base de le cuisine de la Botte: le jaune de la pasta, le rouge de la sauce tomate, mais également du rose bonbon et du bleu "azzurro", pour une collection pleine d'énergie et de créativité.

Dirk Bikkembergs : la mode virile

Partant du postulat que ses clients sont "de vrais hommes qui, tels de superhéros au physique de statue, se permettent d'aller au-delà des limites de la résistance de tout un chacun", Dirk Bikkembergs et Luca Dolci ont choisi comme emblèmes de leur collection le triathlon, un sport complet, et l'un de ses représentants italiens, Daniel Hofer, venu saluer à la fin du show. Le défilé débute avec 30 hommes vêtus de combinaisons intégrales et de bonnets de natation, blanc des pieds à la tête, qui servent de gardes du corps aux mannequins. Des couleurs là aussi basiques mais qui claquent – du kaki, du jaune, du blanc et du noir – pour des pantalons-joggings version fuseaux de coureurs cyclistes, des débardeurs et des blousons. Et aux manches des vestes de costumes, on accroche son smartphone, écouteurs aux oreilles, comme si l'on partait courir.

Fendi : tout pour la musique

Point de sportif ici mais des urbains accros à la musique, dont le casque, dans lequel résonne un remix de "Pump up the volume", est devenu un accessoire aussi indispensable que les lunettes de soleil ou le téléphone portable. C'est à partir du concept d'évasion – qu'elle définit comme un "voyage sans mouvement" – que la maison romaine a pensé sa ligne. Couleurs pastel, pantalons en coton ou en chambray, peu de bermudas mais des polos et des pulls légers aux fines rayures.

Jil Sander : du sportswear coloré

La nouvelle collection mêle costumes et éléments de sportswear décorés de larges rayures et déclinés en une palette pastel (blanc, gris, rose, citron vert). La sandale (à semelle épaisse et portée, ici, avec des chaussettes foncées) et la tennis montante sont au coeur de la collection 2015.

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