Ludovic Bonnet
Il y a 3 mois

Bugatti Veyron : un flop légendaire

La Bugatti Veyron fête ses 15 ans en 2020. Aujourd’hui devenue culte, l’hypercar alsacienne reste pourtant l’un des plus gros échecs commerciaux de l’Histoire.

Retour sur le parcours d’une voiture définitivement hors normes, toujours plus rapide, toujours plus chère et toujours plus mythique !

Pour Bugatti, rien n’est trop beau, rien n’est trop cher

La devise d’Ettore Bugatti pourrait être celle de cette voiture exceptionnelle : la Bugatti Veyron 16.4. C’est la voiture de tous les superlatifs : la plus puissante, la plus chère, élue voiture de la décennie en 2010 ! L’occasion de revenir sur la genèse de ce projet ambitieux et sur ses dernières évolutions.

La Bugatti Veyron est née de deux pères prestigieux : Ettore Bugatti et Ferdinand Piëch. Le premier fût le créateur de voitures mythiques. Le second, petit-fils de Ferdinand Porsche, décida en 1998 de relancer la marque qui périclitait. Il veut alors redonner à Bugatti la renommée qu’elle mérite et se lance dans une épopée industrielle, qui est souvent l’apanage du monde automobile.

La renaissance de Bugatti

C’est à Molsheim, en Alsace, que la maison Bugatti est née, c’est dans la même ville qu’elle renaît en 1998, après avoir connu d’autres propriétaires comme le groupe Hispano-Suiza-Mercier. Autre symbole : le site de production est installé au Château de Saint-Jean, là même où la marque avait vu le jour en 1909.

L’ambition de Ferdinand Piëch en relançant Bugatti n’est pas d’en faire une entreprise rentable pour Volkswagen mais bien de réaliser une voiture extraordinaire : la plus performante, la plus puissante, la plus belle du XXIème siècle.

Pour cela, il donne des moyens extraordinaires à toutes les équipes, surtout aux motoristes puisque la puissance est le maître mot de cette voiture.

Objectif 400 km/h !

Les premiers prototypes de la Veyron présentés au Salon de Genève en 1998 ont des moteurs en W très novateurs avec un bloc de 6.3 litres de cylindrée pour une puissance de 550 chevaux. Le design est encore italien pour ces premiers essais mais très vite, l’idée d’une limousine puissante va laisser la place à une voiture de sport.

Le nom du vainqueur des 24 heures du Mans 1939 (Pierre Veyron) est accolé à Bugatti dès l’an 2000. En effet, la décision est prise de faire de la Bugatti Veyron une véritable voiture de course, « la voiture la plus puissante autorisée à rouler sur les routes » : elle doit atteindre 400 km/h en vitesse de pointe avec une puissance de 1000 chevaux.

Pour accentuer la ressemblance avec les anciennes Bugatti, la carrosserie est bicolore – sauf pour la voiture toute bleue, spécialement créée pour le centenaire de la marque en 2009 –, le design est confié à VAG.

En 2020, que reste-t-il de la Bugatti Veyron ?

Quelques années plus tard, on peut parler d’une réussite exemplaire. La Bugatti Veyron Super Sport décroche en juillet 2010 le record du monde : une vitesse maximale de 431 km/h, rendue possible par son incroyable moteur W16 de 1200 chevaux ! 5 exemplaires de ce modèle ultime sont produits, pour un prix de 1,7 million d’euros.

Un flop commercial…

Malgré son prix exorbitant et des chiffres de vente honnête (400 exemplaires entre 2005 et 2013), la Bugatti Veyron reste aujourd’hui comme l’un des plus gros flops commerciaux de l’histoire de l’automobile !

Et pour cause : une étude de l’institut Bernstein Research, qui s’est intéressé aux différents coûts de développement dans l’industrie de l’automobile, a révélé que la Veyron était un véritable gouffre financier. Pour chaque modèle vendu, Bugatti perdait quelque 4,6 millions d’euros, soit une perte totale de 1,7 milliard sur l’ensemble de la production !

…mais une voiture culte !

La production de la Veyron s’est finalement achevée en 2015. A cette date, l’hypercar jouit déjà d’une jolie réputation malgré le déficit engendré.

Etrangement, c’est avec l’arrivée de son héritière, la Bugatti Chiron, que la Veyron est devenue encore plus mythique. Peut-être parce que celle-ci reste fidèle à son aînée, dont elle reprend le même bloc moteur. Peut-être parce que, en fin de compte, la Chiron n’est qu’une version évoluée (plus puissante, plus performante, plus moderne, plus belle) de la Veyron ?

Quoi qu’il en soit, la cote de ces bolides est en train de remonter sur le marché de l’occasion. Il faut aujourd’hui débourser au moins 2 millions d’euros pour devenir le propriétaire de ce modèle définitivement hors norme.

Ludovic Bonnet

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