Essai Toyota RAV4 Hybride GR Sport : le pionnier des SUV n’a pas dit son dernier mot

En lançant le RAV4 sur le marché en 1994, Toyota se doutait-il qu’il avait ouvert la boîte de Pandore ? Présenté comme un nouveau modèle de niche, pionnier des SUV, le nippon à tout faire a fini par s’imposer sur le marché, devenant un best-seller (aussi bien pour le constructeur que sur l’ensemble du marché).

Alors qu’en 2022, plus d’un modèle sur 2 vendu en Europe est un SUV, le RAV4 s’est encore écoulé à plus de 120 000 exemplaires sur le Vieux continent. Il faut dire que le modèle a su s’adapter aux attentes des automobilistes et a bien grandi depuis la première génération. Désormais disponible en hybride (et bientôt hybride rechargeable), le RAV4 peut même revêtir une tenue sportive, à l’image de sa version GR Sport, dont nous avons pu prendre le volant sur les routes glacées de la Laponie suédoise.

Dans un monde automobile où le cri des moteurs thermiques s'estompe au profit du silence des électriques, la nostalgie du "vrai" pilotage semble devenir un souvenir lointain pour certains puristes. L...Lire la suite

Totoya RAV4 hybride GR Sport

Le Toyota RAV4 a (presque) 30 ans : Papy fait de la résistance !

Avant de nous intéresser au millésime 2023, il paraît intéressant de jeter un coup d’oeil dans le rétro… et de revenir aux origines du RAV4. Bien avant que le terme même de SUV n’apparaisse, le constructeur japonais inaugurait un nouveau segment sur le marché, celui des RAV, les trois lettres désignant alors un Recreational Active Vehicle, soit un véhicule de loisirs actif… et doté de 4 roues motrices !

Long de 3m71 à peine (plus petit qu’une citadine comme la Fiat Punto ou la Yaris 2 !), doté de 3 ou 5 portes et basé sur un châssis de Corolla, le RAV4 (initialement baptisé Fun Cruiser) reprenait le flambeau du premier Suzuki Vitara. Mais parce qu’il n’était pas qu’un simple 4×4, il savait aussi se montrer à l’aise sur route et en ville. Polyvalent et bénéficiant d’un design moderne relativement atypique pour l’époque, le premier RAV4 a immédiatement rencontré un joli succès en Europe.

Quand la deuxième génération pointe le bout de son nez à Genève en 2000, l’heure est presque à la révolution chez Toyota ! Plus racé, plus élégant, le RAV4 ne semble absolument pas taillé pour sortir des sentiers battus, mais bien pour se faufiler dans la jungle urbaine. Un positionnement inattendu, pas forcément du goût des fans de vrais « 4×4 à l’ancienne », mais qui tend à prouver que ce modèle n’est définitivement pas comme les autres.

A peine 5 ans plus tard, alors que le marché des SUV connaît un succès croissant, le RAV4 est dans l’obligation de se renouveler. Il passe à 4m45 et affiche des lignes plus conventionnelles, certains lui reprochant de s’être ainsi « américanisé ». Mais puisque le segment devient de plus en plus concurrentiel, notre vénérable aîné japonais peine à se différencier. Heureusement, Toyota a plus d’un tour dans son sac : le RAV4 passe à l’hybride en 2015 avec la 4e génération avant de se renouveler plus largement en 2018.

Innovante, efficiente et globalement séduisante, la cinquième mouture permet au SUV japonais de démontrer qu’il n’a rien perdu de son attrait (nous parlions du « retour du roi » lors de notre essai précédent) et les 122 000 exemplaires écoulés en Europe en 2022 en sont la preuve parfaite (lui qui avait déjà franchi le cap des 10 millions d’unités vendues dans le monde depuis sa création, en 2020).

Le RAV4 GR Sport à l’assaut des routes enneigées

A mi-parcours de son honorable carrière, le cinquième rejeton de la famille RAV4 (XA50) n’a pas encore dit son dernier mot. Après les Yaris, Yaris Cross, Corolla et C-HR, le RAV4 a, à son tour, le droit d’enfiler la panoplie sportive GR Sport. GR Sport, et pas GR : il ne s’agit donc pas d’une nouvelle motorisation survitaminée, mais bien d’une finition inspirée des modèles Gazoo Racing. Cela se traduit notamment par une nouvelle calandre G-Mesh avec un badge GR, des inserts chromés à l’avant, une robe bicolore avec le toit, les passages de roues et les coques de rétroviseurs noirs, ou encore de nouvelles jantes exclusives de 19 pouces. Visuellement, l’ensemble est réussi, même s’il ne révolutionne pas le genre.

A l’intérieur aussi, ce RAV4 hybride GR Sport se met à jour : on retrouve un combiné d’instrumentation de 12,3 pouces (personnalisable avec 4 thèmes d’affichage) derrière le volant et un écran tactile de 10,5 pouces pour le système d’info-divertissement… dont on a surtout pu apprécier la compatibilité Apple CarPlay (avec ou sans fil) et Android Auto (en filaire uniquement). Pour le reste, la présentation est certes un peu plus sportive, mais somme toute assez banale, que ce soit en termes d’habitabilité pure (notons au passage les 580 litres de volume de coffre) ou de qualité perçue de finitions.

Puisque la polyvalence est l’une des caractéristiques inhérentes aux différentes générations de RAV4, Toyota nous a fixé rendez-vous dans un lieu plutôt insolite pour essayer ce modèle : la Laponie suédoise et plus précisément la région de Luleå. Non loin du cercle polaire, celle-ci accueille notamment un immense data center Facebook (qui a choisi ce secteur en raison de son climat et de l’énergie « propre » qui y est produite). Routes enneigées, rivières, lacs et mer glacés sont ainsi notre terrain de jeu pendant 2 jours. Par des températures comprises entre -2 et -10°, le volant et les sièges chauffants savent rapidement se faire apprécier.

Si les jantes 19 pouces vantées par Toyota ont fière allure, ce sont surtout les pneus cloutés qui montrent leure redoutable efficacité, ainsi (sans doute) que les réglagles propres à cette finition GR Sport. Même en le malmenant sur une rivière gelé, le SUV parvient à conserver sa trajectoire et en roulant « normalement », il fait preuve d’un confort bluffant, avec une tenue de route maîtrisée, des suspensions fermes « juste ce qu’il faut » et un habitacle assez bien insonorisé. Bien aidé par sa transmission intégrale AWD-i, le moteur hybride 4 cylindres 2.5 de 222 chevaux a aussi le bon goût de rester raisonnable, avec une consommation constatée autour de 6l/100km dans ces conditions si particulières.

Notre avis sur le Toyota RAV4 hybride GR Sport 2023

En résumé, notre avis sur le Toyota RAV4 hybride GR Sport 2023

Si les toyotistes de la première heure ne seront pas surpris par les jolies performances de ce RAV4, ils risquent d’être nostalgiques des générations précédentes en découvrant le prix de cette version hybride GR Sport, proposée à partir de 54 250€.

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Un budget certes conséquent, mais qui place ce Recreational Active Vehicle à 4 roues motrices dans la moyenne actuelle (haute) des grands constructeurs généralistes, plus cher qu’un Hyundai Tucson ou Kia Sportage, mais dans les mêmes eaux qu’un Peugeot 3008, à finition et motorisation équivalentes. A bientôt 30 ans, le pionnier des SUV est donc loin d’avoir dit son dernier mot !

Essai Toyota RAV4 hybride GR Sport 2023

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