Ludovic Bonnet
Il y a 10 ans

La Biennale d’art contemporain de Lyon

Le drôle de spectacle du quotidien

L'art contemporain pour les nuls… Il est vrai qu'il y aurait parfois besoin d'un véritable décodeur pour comprendre la démarche de certains artistes. Mais la Biennale d'art contemporain de Lyon offre la possibilité de découvrir tout un tas d'œuvres, plus ou moins accessibles, dans des lieux aussi surprenants que les réalisations qu'ils abritent.

Le spectacle du quotidien. Le thème de la Biennale d'art contemporain de Lyon, qui se tient actuellement jusqu'au 3 janvier 2010. Un thème qui résume assez bien la société du 21ème siècle qui est celle du spectacle, qui plonge les gens dans l'individualisme en même temps qu'elle promeut la communication, laissant apparaître une dichotomie au goût amer. Un goût amer qu'a souvent l'art, finalement. Alors stop aux expressions toutes faites et aux grandes phrases littéraires. Et stop aux artistes contemporains contents pour rien.

Pas forcément accessible à tous

Pour rien, vraiment ? Non, évidemment. Mais quelle personne ayant visité une exposition d'art contemporain n'a jamais pensé : « C'est une honte, n'importe quel gamin pourrait en faire autant ! » L'art en général et l'art contemporain en particulier ont les défauts de leurs qualités. Malgré une volonté d'ouverture évidente, tout cela n'est pas forcément accessible au premier venu. Cela se vérifie encore dans cette Biennale d'Art contemporain de Lyon. Un événement idéal pour occuper son week-end et qui prend place dans quatre lieux de la capitale des Gaules : la fondation Bullukian, l'entrepôt Bichat, le Musée d'art contemporain et la Sucrière.

La Biennale d'art contemporain de Lyon, ce sont évidemment des œuvres et des artistes. Mais ce sont aussi des lieux d'exposition à découvrir. Parmi eux, la fondation Bullukian et l'entrepôt Bichat ne sont pas les sites les plus connus de Lyon. Ils n'en demeurent pas moins insolites. Notamment l'entrepôt Bichat, un bâtiment industriel construit en 1916, nouveau lieu de la Biennale. D’une surface de plus de 800m², en béton armé et bénéficiant de larges baies vitrées en forme de demi-lune, l'entrepôt Bichat accueille une œuvre unique de Pedro Cabrita Reis dans le cadre de cet événement.


La Sucrière, tout un symbole
L'autre lieu un peu à part de cette Biennale est la Sucrière. Située au sein du nouveau quartier de la Confluence, à Lyon, la Sucrière est une ancienne usine de sucre utilisée comme entrepôt jusque dans les années 90. Construite dans les années 30, agrandie en 1960, elle a été réaménagée en 2003 à l'occasion de la Biennale, dont elle est aujourd'hui devenue un véritable symbole. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les deux silos de la Sucrière ont servi de support à l'œuvre de Rigo 23.
La Fondation Bullukian et le Musée d'art contemporain de Lyon sont les deux autres sites hébergeant cette Biennale 2009. Deux endroits moins forts d'un point de vue purement architectural, mais qui abritent des œuvres qui valent le détour.

On l'a dit, il est difficile d'être réceptif à toutes les œuvres présentées dans le cadre de cette Biennale de Lyon. Certaines, dignes représentantes de l'art contemporain, interpellent, à l'image du portail électrique qui claque contre un mur de Shilpa Gupta, dès l'entrée de la Sucrière.


Savoir prendre son temps…
En tant que symbole de la Biennale, la Sucrière regorge d'autres œuvres à voir : la peinture des deux silos, par Rigo 23, ou encore la fresque murale extérieure de Eko Nugroho. A l'intérieur, les néons de Qingyuan Liu, qui font face au mur en ardoise de Dan Perjovschi permettent aux visiteurs de s'attarder un moment. Tout comme le Planétarium portable, sculpture ubuesque de Sarah Sze.
A la fondation Bullukian aussi, il y a de quoi prendre son temps, notamment avec le projet de Laura Genz, « Sans papiers, sans droits », critique acerbe et évidente de la société actuelle.

L'entrepôt Bichat est un peu à part puisque ce site ne présente qu'une seule œuvre, celle de Pedro Cabrita Reis. Néons et câbles électriques apparaissent, se croisent et se mêlent dans les longues allées de cet ancien bâtiment industriel.


Ces petits riens qui font tout
Enfin, la Biennale d'art contemporain ne pouvait pas être absente du Musée d'art contemporain de Lyon. Là aussi, les artistes ont pu s'exprimer en dehors du musée, dont le toit est recouvert de la pagode dorée de Yong Ping Huang… déjà présente ici lors d'une précédente exposition.
Dans les allées du musée, deux œuvres retiennent particulièrement l'attention : les bandes VHS et photocopieurs de Mounir Fatmi ainsi que le « jardin mouvant » – The Moving Garden en version originale – de Mingwei Lee. Une œuvre où le visiteur est appelé à prendre une fleur qu'il offrira ensuite à un inconnu. Histoire de renouer le dialogue à une époque où celui-ci se perd. C'est sans doute aussi ça le spectacle du quotidien.

Pour en savoir plus :
Xe Biennale d'art contemporain de Lyon
Du mercredi 16 septembre 2009 au dimanche 3 janvier 2010
Informations pratiques sur le site de la
Biennale

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Ludovic Bonnet

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