Mode homme à Paris : quelles tendances pour 2015

Décryptage des tendances vues lors des défilés printemps-été 2015

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Après les coloris neutres et l'omniprésence des rayures à Milan, les défilés masculins de Paris ont confirmé l'influence du sportswear sur la mode homme.

Mode homme à Paris : quelles tendances pour 2015
Défilé Valentino printemps-été 2015 / © AFP PHOTO - PATRICK KOVARIK ©
RelaxNews

Valentino, Carven et Walter Van Beirendonck avaient bien lancé les hostilités, lors du premier jour des défilés masculins à Paris. Pour la saison printemps-été 2015, la mode homme est loin d'être répétitive : sombres ou colorées, portables ou excentriques, les propositions peuvent être radicalement différentes.

Valentino : décontracté mais en toute élégance

L'homme Valentino entend bien sortir du lot, avec un vestiaire "prêt à démonter les règles", selon le dogme proposé par le duo de stylistes Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccoli.

La silhouette est souple, faussement décontractée, dans une détente très contrôlée et élégante : beaucoup d'imprimés amalgamés dans un faux désordre. Le pyjama s'invite en ville et la chemise se porte officiellement sur le pantalon. Le camouflage militaire revient en majesté, mais dans de belles matières très chics, comme des toiles de cachemire et de soie.

L'homme Valentino pourra aussi se lover dans des blousons de drap brodé de petits papillons ou des trenchs débarrassés de leur boutonnage devenu superflu.

Au premier rang des invités, sous les ors de l'hôtel Salomon de Rothschild, dans le chic 8ème arrondissement : le chanteur italien Eros Ramazzotti et l'actrice Clotilde Courau, princesse de Savoie et du Piémont.

La mode folle de Walter Van Beirendonck

C'est devenu une signature : Walter Van Beirendonck refuse le noir et le gris. Le Belge, qui a fait partie du groupe des Six d'Anvers, dans les années 80, avec notamment Ann Demeulemeester et Dries Van Noten, a une nouvelle fois imaginé une mode colorée, pop art, qui semble sans limite.

Le défilé commence avec de larges pantalons clairs, portés avec des vestes aux motifs japonisants: des fleurs sur fond bleu, vert puis rouge. Des boutons remplacent les coutures latérales sur vestes et chemises déconstruites. Les premières silhouettes, assez dandy, sont finalement classiques par rapport à la suite du show.

Des gueules ensanglantées de requin sont représentées sur un caleçon, une veste, une tunique. De grandes armes barrent le dos de certains mannequins. D'autres, en quête de douceur, préfèreront un chaton sur une tunique, ou bien un ciel bleu qui tombe dans une mer calme.

Les accessoires ne sont pas plus sobres. Les mannequins portent des casquettes qui se prolongent d'un aileron ou d'une planche de surf. Tout dépend de l'interprétation de chacun.


 La mode folle de Walter Van Beirendonck

Des apprentis chics chez Carven

Du marine, du noir, du gris. Des pantalons, des pulls et même des cols roulés. On en oublierait presque que la collection qui défile est pour le printemps et l'été prochains. "J'ai eu envie de repenser la notion d'été", explique en coulisses le créateur Guillaume Henry. "Qu'est-ce que c'est l'été? Une chemise hawaïenne?", interroge-t-il. Pas de fleur, en effet, dans cette collection, ni de couleur, à part un orange fluo qui réveille deux silhouettes du défilé.

Guillaume Henry s'est inspiré des jeunes apprentis boulangers et bouchers qu'il croise "le matin tôt dans les rues en allant travailler". "Ils utilisent des vêtements de sport, fonctionnels. Ils ont une allure cool". Les mannequins défilent sandales au pied. Le pantalon de jogging est redessiné pour être plus habillé, au point de se porter avec une veste.

Au milieu de mannequins à peine sortis de l'adolescence, trois filles défilent, en mini-robe, rappelant que Carven, c'est aussi (et surtout) une marque pour les jeunes femmes.


Des apprentis chics chez Carven

De l'austérité chez Raf Simons

Dans les défilés, le premier rang est toujours très convoité mais cette fois, avec le Belge Raf Simons, tous les invités étaient logés à la même enseigne : debout ! Lumière rouge, musique angoissante. Les premiers mannequins font penser à des prisonniers auxquels ils auraient emprunté leurs uniformes. Le visage fermé, ils portent une chemise avec un écusson et une photo sur la poitrine, comme un numéro pour les identifier.

Raf Simons, qui est également le directeur artistique de Christian Dior pour la femme, a créé une collection très austère, bien au-delà de l'épure. Les tons sombres dominent, les vêtements semblent faits pour le froid.

L'an dernier, les hommes montraient leurs jambes en bermuda, cette fois, ils dévoilent leurs bras, uniquement, s'ils sont en débardeurs en laine. Aux pieds, ils alternent entre tennis mode et simples sandales noires mais portées avec des chaussettes noires ! Eté, vous avez dit été ?


De l'austérité chez Raf Simons

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