Ludovic Bonnet
Il y a 2 semaines

Raketa BIG ZERO Malevitch : la montre qu’on adore détester

“Beaucoup vont détester. Peu vont aimer. Exactement notre but.” L’argumentaire de Raketa a le mérite d’être clair. Et original. Il pourrait s’appliquer à une oeuvre d’art contemporain. C’est pourtant d’une montre dont il s’agit. Mais avec cette BIG ZERO Malevitch, on va voir que les deux ne sont pas incompatibles…

Fruit d’une collaboration entre la manufacture horlogère Raketa et la Galerie d’État Tretiakov, le principal musée d’art national russe, la BIG ZERO Malevitch n’est pas une belle montre. Ce n’est pas qu’une question de goût : même les responsables de la marque le disent !

Raketa ou l’horlogerie à la… russe !

Il n’y a pas qu’en France ou en Suisse que l’on sait faire de belles montres. En Russie aussi, les maîtres horlogers ont leur mot à dire. Et ce, depuis longtemps ! On retrouve des traces d’une usine de montres à Saint Pétersbourg dès 1721 (celle de Petrodvorets).

La tête dans les étoiles

Plus près de nous, c’est en 1961 qu’est née la marque Raketa dans cette même usine. C’est le premier vol habité dans l’espace effectué par Youri Gagarine qui a inspiré les créateurs de la marque. Depuis, l’histoire de Raketa est intimement liée à celle des cosmonautes russes, à l’image de la montre Baïkonour, “dotée de fonctions spéciales pour les vols dans l’espace”.

Mais Raketa n’a pas seulement la tête dans les étoiles et se montre parfois plus terre à terre (quoique !). Son modèle Big Zero né au début des années 1970 est rapidement devenu un emblème de la marque. Cette fois, c’est Mikhaïl Gorbatchev qui aurait contribué à populariser ce garde-temps, déclarant que la Pérestroïka avait amené les Russes à recommencer leur vie de zéro. De fait, la montre Big Zero n’affiche pas un 12 à midi mais bien un 0 !

Et Malevitch inspira une montre

Aujourd’hui, la marque va encore plus loin dans sa réflexion philosophique avec la nouvelle édition Big Zero Malevitch, inspirée, comme son nom l’indique, par le célèbre artiste soviétique Kasimir Malevitch.

Si vous êtes allergique à l’art moderne, le nom et l’oeuvre de Malevitch ne risquent pas de vous réconcilier. L’homme est à l’origine du suprématisme, un mouvement pictural que l’on pourrait définir comme une “abstraction géométrique dépouillée”. Concrètement, Malevitch s’est distinguée par ses monochromes (ah, le carré blanc sur fond blanc) et son fameux Quadrangle, un carré noir sur fond blanc, accroché dans l’angle d’une pièce lors de sa première exposition en 1915.

Une façon pour Malevitch de “montrer le caractère infini de l’espace et la relation d’attraction et de rejet des formes”. C’est surtout ce Quadrangle qui a servi de source d’inspiration à Raketa pour la montre Big Zero Malevitch.

La montre BIG ZERO Malevitch, une oeuvre d’art au poignet

Ici, la sobriété est de rigueur. Et pourtant, elle saute aux yeux, elle “agresse” presque le regard : au coeur du boîtier en acier de 38,8mm de diamètre, on découvre un cadran fait main sous forme de mosaïque, avec un carré noir sur fond blanc. Trois pierres semi-précieuses naturelles ont été utilisées : le jade noir, le jade blanc et la violane. Il en résulte un motif contrasté, dont les craquelures sont censées évoquées celles qui peuvent apparaître avec le temps sur une toile de Malevitch…

Le bracelet, lui, est en cuir noir au recto et rouge au verso, une couleur que l’on retrouve également sur la couronne de la montre.

Pour le reste, cette Big Zero limitée à 300 exemplaires est animée par le mouvement automatique maison (calibre 2615), avec une réserve de marche de 40 heures. Vous pouvez l’admirer à travers le dos du boîtier, celui-ci accueillant en outre une citation de l’artiste, gravée en russe : “tous les phénomènes du monde sont réduits à un grand Zéro – ou le Zéro contient tous les phénomènes de ce monde“. Tout un programme.

On comprend mieux les responsables de Raketa quand ils affirment qu’ils n’ont “pas essayé de créer une belle montre”. On ne peut qu’être d’accord avec la théorie initiale : “Beaucoup vont détester. Peu vont aimer. Exactement notre but.” En tout cas, cette Big Zero Malevitch ne peut laisser indifférent.

Si ce message vous séduit, il vous faudra débourser 1450 euros pour arborer fièrement votre oeuvre d’art contemporain au poignet.

 

 

 

Ludovic Bonnet

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !