Mode homme automne-hiver 2013-2014 : les tendances à Milan

Dolce&Gabbana, Versace… Des défilés pour tous les styles à Milan

Religion et nostalgie pour Dolce&Gabbana

Du bling bling au rocker en colère, il y en a eu pour tous les goûts lors des défilés de prêt-à-porter masculin pour l'automne-hiver 2013-2014 à Milan, où le duo Dolce&Gabbana a présenté un show aux tonalités religieuses et nostalgiques à la gloire de la Sicile.

Dévotion, c'est le credo adopté par la maison milanaise, qui a fait défiler une nouvelles fois non des mannequins professionnels, mais des Siciliens repérés dans la rue par Domenico Dolce et Stefano Gabbana.
Avec en toile de fond un autel orné d'une Vierge à l'Enfant, ces modèles d'un jour aux allures de premiers communiants ont déambulé sous d'imposants lustres ornés de roses multicolores et de lierre.

Du noir, beaucoup de noir, et du blanc, version immaculée ou ornée de broderies. Les amples tee-shirts de soie (jaune d'or, bleu nuit ou blanc) sont imprimés de fleurs ou de reproductions d'icônes religieuses rehaussées de passementerie et de fil d'or.

Le pantalon à pinces est haut sur la taille, les vestes courtes, pour un rendu très torero. Le manteau est croisé et classique. Une série de vestes et manteaux reprend les grosses fleurs style canevas chères à nos grand-mères.

Look de gangster pour Versace

Autre maison, autre atmosphère : une fois de plus, Donatella Versace casse la baraque avec la panoplie complète du gangsta rapper très « pimp style ». Manteaux de fourrure à poils longs (en noir ou blanc), perfecto clouté et orné de graffitis multicolores, costumes croisés style Le Parrain.

Pour en mettre plein la vue, il suffit d'enfiler un pantalon à pinces en cuir rouge accompagné d'un perfecto immaculé et de mocassins à semelles compensées. Sans oublier les sous-vêtements en dentelle noire tout en transparence.

Le retour « épique » de Jil Sander

Loin de ce style bling-bling, la créatrice allemande Jil Sander, qui a fait au printemps dernier son retour sur les podiums après sept ans d'absence, a choisi de dédier sa collection à la « masculinité épique ».
Fidèle à ses habitudes, la reine du minimalisme a dessiné une silhouette étirée et épurée, aux volumes généreux mais contrôlés, et parsemée de motifs géométriques en trompe-l'oeil.

Du vert sapin au bleu cobalt en passant par le rouge kirghize, les tenues monochromes sont privilégiées. Redingotes en feutre, pantalons tubulaires et pulls débardeurs (bicolores et en cachemire) forment la base de la garde-robe.

Du cuir et du rock chez Costume National

Chez Costume National, le styliste Ennio Capasa donne la parole aux jeunes en colère : « Dans les années 60 et 70, les jeunes se sont emparés du monde. J'espère que cela se produira de nouveau. Bientôt. Aujourd'hui. Rock and roll. »

Beaucoup de cuir et de noir donc! Avec quelques touches de glacier, bleu électrique et bleu nuit. Outre l'indispensable perfecto, l'inspiration est aussi militaire pour une silhouette longiligne et finalement très « clean cut ». Confort aussi avec le col roulé en cachemire. Autres matières de prédilection: mohair, velours et jersey.
Le perfecto est décliné en cuir bien sûr, mais aussi en feutre orné de multiples zips. Pour les audacieux, un look total white en cuir…

Frankie Morello, c’est carré

« L'amour de l'architecture » a inspiré le duo de Frankie Morello, qui avec leurs vêtements veulent concevoir « une habitation non seulement pour le corps de l'homme, mais aussi pour ses idées et son caractère ».
Du coup, les coupes sont géométriques et hyperstructurées. Les vêtements se superposent, s'emboîtent, donnant à la silhouette une touche futuriste. Pour les imprimés, on reconnaît des maisons new-yorkaises en briques avec leurs escaliers en fer, ou encore des parquets (!). Pour la couleur, on n'hésite pas à recourir au jaune ou orange fluo.

Le classicisme British de Burberry

Enfin, les amateurs de mode aux goûts plus classiques se réfugieront chez Burberry, où le styliste maison Christopher Bailey propose de petits costumes cintrés à assortir avec des manteaux et cabans d'esprit militaire.
Mais Burberry ne se contente pas de rester classique. Ici aussi, la fantaisie a frappé, avec des imprimés zèbre et léopard pour les sacs et chaussures.

Après Burberry, Versace et Dolce&Gabbana, l'homme moderne avec une âme romantique de Gucci et le casual chic ludique d'Emporio Armani (photo) ont marqué l'avant-dernier jour des défilés milanais de prêt-à-porter masculin automne-hiver 2014.

Gucci aussi aime le style britannique

La maison florentine Gucci a pris comme point de départ pour sa collection les tissus traditionnels anglais (vive les carreaux!), travaillés dans des matières raffinées: mohair, alpaga, cuir, shearling et laine.

Le gros pull à torsades vert pistache ou le col roulé bleu ciel, en mohair vaporeux, donnent des envies de chocolat chaud au coin du feu. Les vestes et manteaux sont d'inspiration militaire : redingotes et vestes à gros boutons, cols de fourrure, épaulettes… Le petit foulard noué dans la nuque est un must.

Pas de chemise, mais des polos. Les pantalons sont plissés et amples sur les hanches. Pour les rebelles, des vestes de motard et bombers en cuir à effets craquelés. Les doublures sont en soie et flanelle. Pour le tapis rouge, le smoking se fait bicolore: veste effet astrakan avec pantalon gris flanelle.

Côté pieds, une paire de boots en cuir noir, python ou crocodile pour le jour, et une paire de derbies en cuir vernis noir pour le soir.

L'homme Gucci vit « uniquement selon ses choix. C'est un homme moderne avec une âme romantique », résume la styliste maison, Frida Giannini.

Emporio Armani ou le luxe confortable

Atmosphère casual chic chez Emporio Armani, qui propose des vêtements luxueusement confortables: caleçons longs et métissages de pulls en grosse laine et doudounes pour affronter les grands froids.

Ce caleçon long, une des tendances de la saison, est décliné dans toutes les gammes : matelassés, style jogging ou quasi-collant. Attention aux poignées d'amour… La cheville est découverte et laisse entrevoir des chaussettes noires. Le mocassin est noir lui aussi, en daim et à pompons.

Les boutons se cachent, les cuirs sont amples et souples, les cabas de sortie. Pour les costumes, ambiance marin d'eau douce avec de fines rayures blanches et bleu marine. Giorgio Armani plaide pour « une nouvelle manière de s'habiller, naturellement classique et très moderne ».

Du gris, du gris et encore du gris, couleur fétiche d'Armani, mais aussi du beige, du bleu nuit, du kaki et du moutarde. Pour accompagner la classique veste de smoking noire, le pantalon se fait rouge ou bleu vif: ludique et chic.

Les mille et une nuits chez Etro

Souffle de chic bohémien chez Etro, dont les somptueux imprimés semblent sortir d'un conte des mille et une nuits. Fourrure, soie, broderies, tartans, crêpe de chine et velours, déclinés dans des couleurs chaudes et motifs exubérants, donnent le tournis.

Le pantalon de velours noir est sublimé par une veste bronze doré aux motifs floraux ou une veste en peau retournée accompagnée d'un col roulé moutarde. Les vêtements se superposent et dialoguent : l'écharpe vert kaki reprend la couleur de la veste tachetée d'orange, repris à son retour dans le pull.

Les couleurs claquent dans le velours : la veste vert émeraude ressort sur un pantalon violet profond. Le porte-documents est bleu électrique: vous êtes sûr de ne pas passer inaperçu! Les chaussures sont décorées de motifs végétaux et on n'hésite pas à se parer de colliers, boucles d'oreilles et autres médaillons.

Le caleçon long est incontournable

Plus tendance rock, le Britannique John Richmond a dédié son défilé aux « plaisirs inconnus », sans préciser lesquels. Les lignes sont nettes, les silhouettes géométriques pour un rendu très graphique: des bandes blanches soulignent les coutures des costumes noirs, et vice-versa.

Influence du sport pour plus de confort, avec ici aussi ces fameux caleçons longs, accompagnés de bottes rouge vif. Les matières se mélangent : les empiècements de cuir soulignent les épaules ou le torse. Du blanc, du noir, mais aussi des imprimés illuminés d'éclairs de couleur et des carreaux. Enfin, pour en mettre plein la vue, il ne reste qu'à enfiler le costume noir brillant orné d'énormes roses rouges.

 

C'est le roi de la mode italienne, Giorgio Armani, qui a achevé la Fashion Week milanaise, en présentant son Projet Homme pour l'automne-hiver 2014.

Une image forte pour l'homme Armani

En baptisant son défilé Projet Homme, Giorgio Armani a souhaité donner à ses clients « une image forte, précise (…) et un style épuré et essentiel qui dessine une silhouette virile, définie par des vestes et manteaux aux volumes amples et des pantalons près du corps ».
L'allure est plutôt militaire : le manteau et la veste kaki sont cintrés et impeccables. Les costumes de bureau sont gris à fines rayures blanches.

Pour les occasions moins formelles, la veste reste grise, mais le pantalon en velours se pare de rouge ou de vert, deux couleurs qui ressortiront sur l'asphalte et la grisaille. Encore de la couleur avec un blouson parme à grande capuche.

Petit clin d'oeil à la mode britannique avec une série de vestes de collégiens anglais, parfaites pour un week-end sur les planches de Deauville. Pour la sortie au casino, la veste de smoking devient le gilet de smoking : gris mais avec le traditionnel col en tissu noir brillant. Aussi chic et plus chaud !

Côté matières, du néoprène, du velours, du daim et du cuir. Le cachemire et le mohair se mêlent dans un jeu sensuel de figures géométriques et de couleurs (gris-bleu-noir ou gris-bordeaux-rouge) sur une série de pulls qui devraient faire un tabac.
Outre la palette des gris, un must chez Armani, on trouve plusieurs nuances de marron allant du cacao au wengé, un ton rubis qui fait office de fil rouge dans la collection, et bien sûr du noir.

Un show digne de Broadway pour DSquared2

Le noir est justement LA couleur du défilé DSquared2, pour lequel les jumeaux Dean et Dan Caten ont investi une boîte de nuit de la périphérie milanaise (l'Alcatraz !), transformée en une de boîte de jazz des années 40 à La Nouvelle Orléans.

Tous les mannequins sont noirs et déambulent coiffés de chapeaux aux couleurs vives: rouge, vert et rose. Un orchestre au complet avec musiciens en smoking blanc sert de cadre au défilé rythmé par des airs de swing et de jazz, mais aussi Charles Trenet (« Boum »).

Le pantalon est court, une tendance de la saison, et s'arrête à mi-mollet. On note des influences britanniques à travers quelques tartans écossais revisités. Les chemises s'ornent de faux plastrons, le manteau ose l'astrakan (en noir ou marron), une autre grande tendance.

Beaucoup de jeans, une spécialité maison, accompagnés des manteaux trois-quarts (camel ou vert bouteille). Le smoking scintille : le pantalon est noir, les chaussures noires et blanches, mais la veste bleu nuit est incrustée de micro-strass.

Final en forme de feu d'artifice : tous les mannequins défilent en caleçon et tee-shirt blanc très moulants qu'ils arrachent et jettent dans le public avant de retourner en coulisses. Le tee-shirt seulement, pas le caleçon, bien évidemment…

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