Hocus Pocus part en 16 pièces

La magie jazz / hip-hop opère toujours

Le groupe nantais Hocus Pocus revient sur le devant de la scène en ce début 2010 avec l’album « 16 pièces ». Comme les 16 pièces d’un puzzle parfaitement assemblé, et qui ne demande qu’à être écouté encore et encore.

Sur la scène musicale française, ils ne sont pas forcément très connus du grand public. Mais ceux qui suivent la musique de près et les festivals de France et de Navarre chaque été les connaissent par cœur. Eux, ce sont les Nantais de Hocus Pocus, un groupe mêlant – entre autres – jazz et hip-hop.
Amoureux de la musique et bourrés de talent, ces artistes sont bien loin des clichés du rap « made in Skyorck » et de la variété – de la variétoche, même – toujours si présente à la télé et en radio.
 Une véritable communion avec le public
Ce qui fait la force de Hocus Pocus depuis maintenant plus de 10 ans, c’est une énergie communicative et une proximité indéniable avec le public. Un public qui le lui rend bien, d’ailleurs, et qui devrait répondre présent avec la sortie de ce nouvel album intitulé « 16 Pièces ».
En marge de la sortie de ce nouvel opus, 20Syl, chanteur charismatique du groupe, a accepté de nous livrer ses impressions, au moment d’entamer une tournée qui s’annonce longue, mais pleine de « bonnes vibes ».

20Syl, comment définirais-tu cet album « 16 pièces » ? Et d’où vient ce titre ?
En fait, comme le montre la pochette, ces « 16 pièces » renvoient non seulement aux 16 chansons de l’album, mais aussi à 16 pièces d’un puzzle. Justement parce que les 16 titres présents, tous assez différents les uns des autres, s’assemblent au final assez bien, je crois ! Comme un puzzle !

Et comment le places-tu par rapport aux autres albums du groupe (le maxi « Hip Hop Acoustic Quintet », puis « 73 touches » et « Place 54 ») ?
Je crois que c’est une suite logique. Enfin, c’est le même… en différent ! On garde évidemment notre univers, notre style, mais avec un petit « truc » en plus dans l’écriture. Les morceaux sont un peu plus « extrêmes », que ce soit dans le côté hip-hop pour certains, ou dans le côté jazz pour d’autres.
On a peut-être fait un album plus « conscient », comme on dit, plus cynique, mais toujours avec de la dérision et de l’auto-dérision. C’est le regard actuel qu’on porte sur les choses, maintenant qu’on à la trentaine.

On a l’impression d’entendre Féfé, avec son album « Jeune à la retraite » !

Mais exactement ! C’est aussi ce qu’on s’est dit quand on l’a entendu. D’ailleurs, on partage plusieurs dates sur scène, avec lui, pendant notre tournée (et les deux envoient du lourd, on peut vous le dire, NDLR !), qui devrait durer 3 ou 4 mois au moins.Si on rentre dans le détail de l’album, on voit que vous abordez des thèmes assez différents…
C’est vrai. Pour reprendre la comparaison avec Féfé, notre titre « A mi-chemin » renvoie à ces interrogations qu’on a à notre âge, vu que dans nos têtes, on est à la fois des teenagers et des trentenaires !
Dans « 100 grammes de peur », en revanche, on a voulu pointer du doigt l’exploitation commerciale et politique du phénomène de la peur. On nous vend la peur comme on nous vend des yaourts !
On peut aussi parler de la chanson « 25/06 », qui parle de la mort de Michael Jackson. J’ai été frappé par la façon dont cet événement a éclipsé tout le reste. C’est une chanson que j’ai écrite « en temps réel », on va dire, à mesure que j’essayais de comprendre comment les médias s’appropriaient la disparition de Michael Jackson.

Et il y a aussi beaucoup de featurings, notamment avec Akhenaton ou Oxmo Puccino…
Oui, alors là, c’est presque un rêve qui se réalise avec AKH ! Pour moi, son album « Métèque et Mat » est le meilleur de l’histoire du rap ! Là, on lui a expliqué le concept du morceau… et il a accepté de travailler avec nous !
C’était un peu pareil avec Oxmo. Il y a aussi un magnifique featuring d’Alice Russel, qui apporte une touche vraiment « belle » et mélancolique à la chanson « Beautiful Losers ». Et puis, pour ceux qui connaissaient déjà Hocus Pocus, ils retrouveront les Procussions ou encore Elodie Rama. Enfin, je vous invite aussi à découvrir Gwen Delabar, sur le morceau « Marc », qui est un mec que je situe entre Gainsbourg et le gangsta rap !

L’album de Hocus Pocus, « 16 pièces », est disponible depuis le 15 mars 2010
Les dates de la tournées sont sur le MySpace du groupe

Partager
Ludovic Bonnet

Chez Masculin.com depuis 2009, j'ai commencé par vous parler d'automobile et de culture (cinéma, musique, jeux vidéo...). Aujourd'hui, je vous parle aussi de mode et de high-tech... et de plein d'autres choses !