Alain Daldem
Il y a 1 semaine

Episode #1 : La Révolution (Netflix), le Comte est bon ?

Quand l’événement le plus célèbre de l’histoire française rencontre Netflix et des créateurs imaginatifs, La Révolution est incontestablement en marche.

La nouvelle série disponible en streaming propose en effet de revisiter l’histoire de France sauce fiction. Un soupçon de réel, une grosse louche de fantastique, ce qu’il faut de finances pour donner vie aux rêves des scénaristes : c’est la recette de cette méga production qui réserve bien des surprises.

De quoi s’agit-il ?

Avec la rubrique « Episode #1 », nous vous proposons de découvrir une série après avoir visionné son 1er épisode uniquement. Des spoilers sont possibles, mais nous aurons surtout des suppositions pour porte-étendard.

Jeune femme du peuple, Rebecca est retrouvée morte, le corps en partie déchiqueté. Le coupable semble tout désigné sous les traits d’Oka, un esclave récemment hébergé en ville. Cependant, tout le monde n’est pas de cet avis.

Et puis il y a également les visions de la noble mais muette Madeleine de Montargis qui semble indiquer que tout n’est pas clair dans cette histoire. Le criminel n’est peut-être pas du côté des va-nu-pieds mais bien de la noblesse sourde et aveugle aux cris du peuple. La maladie ronge l’aristocratie, et ce n’est pas qu’une image.

Ceci est une Révolution !

La série se déroule donc lors d’une période de l’histoire française qui a un retentissement dans l’imaginaire mondial : la révolution de 1789. On peut se douter que, dans bien des pays, l’événement est connu mais de façon très partielle, faisant appel à l’imaginaire. Raison de plus pour s’appuyer sur ses codes et les détourner. Après tout, ça ne sera pas la première fois, Lady Oscar l’a fait bien avant Aurélien Molas.

Si ce nom vous est inconnu, sachez qu’il ne s’agit pas d’un noble aristocrate d’antan, mais d’un troubadour des temps modernes. Un showrunner comme on dit. Le créateur de la série, dont le nom est omniprésent au générique, serait parti d’une phrase de Napoléon Bonaparte, “L’Histoire est un suite de mensonges sur lequel on est d’accord“, qui ouvre d’ailleurs la série, pour développer son intrigue.

Car ce que propose La Révolution sur Netflix, c’est de donner une autre version de l’événement historique, orientée fantastique, à l’imaginaire assumé.

Plein les yeux

Dès les premières images, la série nous met dans une ambiance de violence avec un duel au pistolet, où le vaincu poussera sans dernier souffle dans un bain de sang… bleu (rappelons que “sang bleu” désignait autrefois les gens de l’aristocratie).

Une force de la série semble être de s’appuyer sur ces petits détails de réalité pour en faire une fiction dans laquelle on peut s’immerger. Un des personnages principaux est par exemple ni plus ni moins que le Dr Joseph Guillotin, qui exerce à La Bastille… ou un bâtiment qui y ressemble, dans ce qui pourrait être un Paris lugubre et fantasmé digne de la grande époque de Jeunet et Caro.

Alors non, les cours d’histoire ne viendront pas s’appuyer sur cette série, et certains viendront crier au scandale. Mais personne n’a jamais pris Les chevaliers du zodiaque pour argent comptant, et il en sera de même avec La Révolution.

La série est aussi une révolution sur deux aspects où les productions françaises pèchent malheureusement souvent (même si il est vrai que Canal+ se bouge un peu depuis quelques années) : l’esthétique et le jeu d’acteur.

Une production française à la Netflix

Graphiquement, l’essentiel de ce premier épisode se déroule dans une atmosphère sombre et angoissante. Eteignez les lumières, vous êtes ici comme au cinéma ! Netflix a sorti les gros moyens, et on se doute que bien des techniques sont mises en œuvres en alliant décors naturels, images de synthèse, ou matte painting pour faire vivre ce Paris imaginaire.

Un pari réussi graphiquement et artistiquement. De plus, les costumes sont parfaitement conçus, avec un bémol cependant pour le personnage de Charles de Montargis. Mais clairement, nous ne sommes pas dans Vercingétorix !

Les acteurs aussi évitent le style trop théâtral de bien des séries françaises. Peut-être est-ce le fait d’être dans cet univers aristocratique décalé où le paraître a son importance qui leur réussi. Il n’en reste pas moins que les performances sonnent juste.

Tout cela semble très positif mais ne doit pas cacher un défaut qui apparaît lors de ce premier épisode, à savoir la difficulté de l’intrigue à se mettre en place. En effet, on a vu du sang bleu au début de l’épisode, mais il n’en est plus question après. Au point que pour qui n’aurait pas lu le résumé de la série, l’élément serait presque anecdotique, ou pur délire visuel. Il n’en sera rien par la suite, mais un rappel aurait été utile.

Ce premier épisode saute ainsi de personnage en personnage, et de bout d’histoire en bout d’histoire. A vouloir trop en présenter d’un coup, il survole certains aspects et les rend anodins.

La Révolution sur Netflix : on regarde la suite ?

Ce premier épisode prend le temps de planter le décor, mais part dans plusieurs directions. Il reste assez mystérieux, et ne rentre pas vraiment dans l’intrigue de la série. Il lui manque un également cliffhanger digne par exemple du premier épisode de La casa de papel, qui poussait à vouloir voir la suite.

Certains auront peut être envie de s’arrêter là. Soit. Mais il serait sans doute dommage de passer à côté d’une série française fantastique, originale, au visuel travaillé, et au scénario alléchant pour qui a lu le résumé. La suite vaut surement le coup et mérite de s’y attarder.

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Alain Daldem

Média, automobile, et gastronomie : trois domaines différents mais qui font mon quotidien. Je reste à l'affût des actualités de ces secteurs. Au plaisir de les partager prochainement avec vous sur masculin.com !