Sex dolls : une nouvelle sexualité pour tous ?

Le confinement a mis à l’épreuve notre capacité supporter la solitude, et pour certains, le manque d’affection et de sexe. Les sites pornographiques ont vu leur fréquentation monter en flèche et les achats d’objets de plaisir ont augmenté sur la même tendance. Un sextoy en particulier a eu du succès : il s’agit des poupées sexuelles ou sex dolls.

Les sex dolls, des sextoys comme les autres ?

La vente de poupées sexuelles a considérablement augmenter depuis les périodes de confinement successives que nous vivions depuis le début de la pandémie. Cette industrie très discrète commence à faire de plus en plus de bruit depuis que sa clientèle s’est diversifiée.

A bas le cliché du célibataire endurci et un peu borderline, les poupées sexuelles séduisent aussi monsieur et madame Toutlemonde. En effet, certains vendeurs ont vu leur ventes augmenter de 20 à 40% depuis mars 2020. Les raisons de cet engouement pour les sex dolls sont multiples et variés en fonction de la situation de l’acheteur.  

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Les sex dolls, des sextoys comme les autres ?

Des poupées de plus en plus réalistes

Bien plus qu’un sextoy grandeur nature, les poupées sont aussi des compagnes de vie plus ou moins intégrées dans la vie quotidienne des consommateurs. Pour certains, elles sont avant tout un rempart à la solitude et à l’isolement social forcé par les restrictions.

En fait, la poupée est un palliatif. On associe beaucoup ce type d’objet à une sexualité marginale et presque déviante. Beaucoup sont très mal à l’aise avec l’apparence si réaliste des poupées, assez paradoxale avec leur inertie. Aujourd’hui, il existe une très grande diversité de poupées et elles sont même adaptables au choix du client. C’est aussi pour cette raison que leur popularité augmente. 

Certaines love dolls sont munies d’options innovantes qui accentuent leur réalisme comme les gémissements au toucher ou le chauffage du corps. Bien sûr, même si c’est éléments peuvent être déroutants, la frontière entre la fiction et le réel est tout de même bien notable. Ces poupées ne parlent pas et elles n’expriment pas non plus d’émotions car elles ne disposent pas d’intelligence artificielle.

Il y a bien sûr une dimension sexuelle très marquée dans l’industrie de ces poupées. Ce sont des sextoys conçus pour que le consommateur puissent avoir une relation intime la plus réaliste possible. C’est pourquoi les marques parlent de plus en plus souvent d’une RealDoll.

Les corps des poupées s’inspirent directement de l’anatomie humaine féminine ou masculine. Les orifices anaux, vaginaux et buccaux sont reproduits dans les moindres détails avec du silicone ou du caoutchouc thermoplastique. La sensation au toucher de ces matériaux est la plus proche de la peau humaine parce qu’ils sont doux et donc agréables.

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Des poupées sexuelles de plus en plus réalistes

Un objet de fantasme pour les hommes… et les femmes

Chaque poupée répond à un fantasme de part son apparence, ses mensurations et son accoutrement. L’origine des sex dolls remonte aux années 40 ; au départ, il s’agit de mannequins gonflables conçus notamment pour les équipages sous-mariniers. A l’époque, elles comportaient déjà des orifices permettant la pénétration afin de satisfaire les besoins d’un cercle exclusivement masculin.

30 ans plus tard, une entreprise japonaise innove dans le processus de fabrication des poupées pour les rendre plus réalistes. Elle utilise le vinyle et redessine le visage des poupées avec plus de détails. On la destine aux hommes seuls, aux veufs ou encore aux fétichistes mais au fil du temps, d’autres profils s’y sont intéressés. 

Depuis peu, la sex doll séduit les couples et les femmes seules. L’utilisation d’objets de plaisir s’est beaucoup démocratisé ces dix dernières années. Ainsi, en 2018, 75 femmes en couple sur 100 affirmaient être ouvertes à l’utilisation d’un ou plusieurs sextoy(s) lors des rapports intimes avec leur partenaires selon l’Ifop. Même si cet objet particulier est encore tabou, la poupée séduit désormais les couples et les femmes seules Elle est devenue un moyen de pimenter la vie sexuelle, mais pas uniquement.

On observe une certaine culture de la sex doll qui comprend bien plus que le plaisir d’avoir une relation intime avec elle. Il y a aussi le plaisir d’en prendre soin, de l’entretenir, de l’habiller et de l’admirer. Certains consommateurs, en général les plus isolés, la considère comme une dame de compagnie et une confidente.

Une vraie culture de la sex doll

L’anthropologue et chercheuse Agnès Giard analyse l’utilisation des sex dolls comme étant un moyen de s’affranchir des normes de la société malgré l’apparence très stéréotypés des poupées.

En effet, elle explique que beaucoup d’homme laissent s’exprimer leur féminité à travers ces objets de désirs. En s’occupant de leur poupées, ils vivent par procuration leur féminitude. Les propriétaires passent des moments très intimes avec elles et en général, ils s’affranchissent du masque de la virilité ; pour eux, la poupée représente le « lâcher prise ».

Pour les femmes, la chercheuse évoque une volonté de renversement des rôles genrés institués par la société. « Au Japon, un nombre croissant de femmes achètent des love dolls avec lesquelles elles jouent à être l’homme », raconte-t-elle. 

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sex doll

En France, l’industrie et l’utilisation des poupées sexuelles se développe timidement mais sûrement. En 2018, une « maison close de sex dolls » ouvrait même ses portes pour la première fois à Paris. Il existe encore aujourd’hui des établissements de ce type en Espagne, à Barcelone et en Allemagne mais c’est au Japon qu’elles sont les plus visibles.

Leur utilisation est bien plus populaire car elle s’inscrit dans un contexte social bien différent du nôtre : la pénurie matrimoniale. Comme dans un couple classique, certains propriétaires sont en couple avec leurs poupées. Ils leur font partager la vie au quotidienne au sens propre. La sex doll les accompagne au parc aussi bien qu’au restaurant et leur tient compagnie devant le poste de télévision. 

Si certains voient cette industrie comme une menace aux rapports humains, les fabricants s’engagent à ne pas franchir certaines barrières. La robotisation des sex dolls n’est ainsi pas envisagée. Elles doivent rester des simulateurs de conscience et non pas un objet suivant un enchaînement de comportements sexuels programmés artificiellement.

Pourtant, le robot sexuel existe déjà mais sa commercialisation est très discutée et son coût est difficilement abordable. Le prix d’une poupée complète se situe entre 3000 € et 4000 €, ce qui est relativement onéreux. Mais si l’expérience vous tente, ces objets de plaisir valent le détour et vous pourriez bien vous surprendre à en apprécier la compagnie…

la sex doll le sextoy grandeur nature