Essai Suzuki Ignis : le couteau suisse typiquement japonais

Essai Suzuki Ignis

La Suzuki Ignis a récemment connu un restylage bienvenu, l’occasion parfaite d’en prendre le volant pour soumettre la puce japonaise à notre essai longue distance. Après la Nissan Micra ou la Hyundai Ioniq hybride, c’est à son tour de partir découvrir quelques routes emblématiques de la France. Et pour cela nous avons choisi sa version boite automatique CVT. Autoroutes et petits sentiers, elle nous révèle tout de ses qualités et faiblesses.

Bienvenue dans le marché sinistré des citadines

La Suzuki Ignis évolue dans un marché qui n’est pas à la fête. Si une citadine façon Peugeot 208 caracole encore en tête des ventes, les puces thermiques des villes ne sont pas dans le secteur le plus porteur : aujourd’hui, l’heure est aux SUV plus imposants. Et pourtant, les petites autos ont des atouts : taille réduite, facilité pour se garer en milieu urbain, faibles émissions de CO2, elles sont de précieuses alliées du quotidien. Et en plus, elles disposent désormais d’un équipement et d’un confort digne des plus grandes.

Sur sa finition haut de gamme Pack, notre Suzuki Ignis fait le plein que ce soit au niveau confort ou sécurité. On va ainsi retrouver un limitateur / régulateur de vitesse (non adaptatif), une caméra de recul, un système de freinage d’urgence, ou encore un indicateur de franchissement de ligne. Et pour rouler en prenant ses aises, on disposera même de sièges avant chauffants et d’une climatisation automatique mono zone. Apple Carplay et Android Auto sont également de la partie, en étant secondés par un GPS interne.

Des changements pas si anodins

Niveau design, l’auto évolue discrètement par rapport à la génération précédente. L’élément distinctif se situe sur la calandre, qui troque sa ligne horizontale chromée contre un ensemble de dessins en « U », permettant de reconnaître cette nouvelle version sans ambiguïté. Les feux arrière connaissent également un design légèrement revu. En fait, l’Ignis fait le minimum syndical que doit réaliser toute auto pour un restylage.

La robe ne change donc pas trop et garde ce style de petit SUV urbain si caractéristique de la Suzuki. Mais en dessous, la marque japonaise n’y est pas allée de main morte. Déjà, le système de micro-hybridation a été revu. Ici, il n’est jamais question de rouler en 100% électrique. Une petite batterie est là pour donner un coup de main au moteur thermique lors de certaines phases, essentiellement quand la voiture démarre au feu rouge. Mais alors que l’ancienne batterie avait une capacité de 3 Ah, les ingénieurs de Suzuki ont fait passer celle-ci à 10 Ah.

Autre changement notable, la boite de vitesse robotisée qu’aucun vendeur de la marque n’osait conseiller cède sa place à une boite CVT bien plus recommandable. Enfin, le moteur de 90ch passe à… 83ch, avec sous le capot un 1,2 litre Dualjet Hybrid complété du système SHVS (acronyme maison pour Smart Hybrid Vehicle by Suzuki).

La petite gueule de l’emploi

L’Ignis se positionne comme un SUV urbain ultra compact. Cela lui assure un look, particulier pour une citadine, avec un aspect haut sur pattes, et très cubique rappelant un peu les key cars japonaises. Les designers de Suzuki ont aussi joué avec des codes de modèles emblématiques de la marque. Les stries sur le montant C font écho au Fronte Coupé, les inserts latéraux sur le capot rappellent le Vitara, le positionnement des feux est un clin d’œil à la Cervo, et même la Swift d’ancienne génération prête quelques gènes à l’Ignis. Le style est un peu massif et surprend sur une auto aussi petite, mais rien de choquant. On ne peut lui nier sa personnalité.

A bord, comme sur nombre de micro-citadines, un gros compteur trône face au conducteur. Pas d’écran ici, mais un bon vieux tachymètre à aiguille, et quelques infos digitales à l’ancienne. Simple, mais fonctionnel. Par contre, nous avons bien un écran de 7 pouces au centre de la planche de bord pour toutes les informations pratiques, la gestion de l’audio, et le GPS. C’est très carré, un peu austère, mais au final très pratique à l’usage.

Globalement, en dehors d’un bandeau blanc parcourant toute la longueur de la planche de bord (selon les versions) apportant un peu de lumière, l’ensemble apparaît très basique, mais propre.

Intérieur de la Suzuki Ignis

L’épreuve de l’autoroute

La Suzuki Ignis est avant tout une voiture urbaine, plutôt prévue pour évoluer en ville et en périphérie sur de courts trajets. Alors, la lancer sur un Paris / Avignon, notre terrain de jeu favori, n’est pas un exercice qui semble taillée pour elle. Mais qu’à cela ne tienne, préparons-la comme pour un départ en vacances.

Son coffre d’une taille de base de 267 litres se destine plutôt aux courses de la semaine. Cependant, il offre une astuce de choix : la banquette arrière se rabat selon le format 2/3 – 1/3, et en plus chaque assise est coulissante. Il sera donc facile de moduler l’espace à bord, de donner la priorité à la place aux genoux des passages, ou de privilégier le coffre qui peut monter jusqu’à 501 litres. L’Ignis fait de toute façon preuve d’un espace intérieur très appréciable au vu du volume de l’auto, avec une garde au toit élevée appréciée par les plus de 1m80. L’accès à bord est aussi facilité par des portes s’ouvrant à quasiment 90°, une spécificité très japonaise (aussi vue sur la Honda Jazz par exemple).

Place à un premier trajet sur autoroute. Les éléments sont avec nous pour tester l’auto : la pluie est abondante le jour de l’essai ! Ce n’est pas le terrain de jeu de cette petite citadine, mais elle s’en sort cependant fort bien. Le confort est tout à fait correct, et à vitesse stabilisée de 110km/h avec ce temps, on ne se sent pas à bord d’un jouet. La conduite reste précise, et même plus agréable qu’à bord du grand frère Vitara. Le principal reproche que l’on peut constater assez rapidement, c’est l’insonorisation qui n’est clairement pas au niveau d’une concurrente comme la Renault Clio ou une Toyota Yaris. Cependant ces dernières se veulent justement plus cossues, et bien plus chères.

Disposant de nombreux emplacements, on a toujours une bouteille d’eau sous la main pour les longs trajets. Petit détail surprenant, si le limitateur bénéficie bien d’un rappel de la vitesse choisie au tableau de bord, ce n’est pas le cas pour le régulateur ! Le réglage se fait donc un peu à vue de nez.

Passé Lyon, les nuages disparaissent et l’heure de la pause essence se fait très pressante. Nous touchons là un défaut majeur de la Suzuki Ignis, à savoir son autonomie. Non pas qu’elle consomme trop, sur ce premier parcours, malgré la météo, nous sommes très proche de la consommation annoncée de 6,5 litres/100, voir moins. Non, le problème est son réservoir de 32 litres qui oblige à repasser régulièrement à la pompe, que ce soit sur de longs trajets ou même en usage quotidien. Dans la réalité, en discutant avec des spécialistes de l’auto, le réservoir fait plutôt 37 litres. Mais cela reste très modeste et réduit son champ d’action.

Reprise de la route, les conditions météo sont cette fois acceptables et permettent de rouler à la vitesse légale de 130km/h. La consommation monte un peu, jusqu’à environ 7 litres/100. En faisant des sessions à 130km/h et à 110 km/h, on voit que l’auto est taillée pour la vitesse inférieure : la consommation devient légère, le bruit dans l’habitable est plus acceptable.

A propos du moteur, il faut noter sa volonté. Lors de la première génération, l’Ignis été mue par un petit 90ch, et cette version restylée passe à 83ch. Un tout petit moteur, mais qui va bien avec le poids plume de l’auto allant de 860 à 940 kilos selon les versions et options. L’ensemble n’est jamais poussif, et lorsqu’il faut un petit regain d’énergie, il suffit de jouer avec les palettes au volant.

Arrivé au terme de ce premier parcours, on regrette finalement juste l’absence d’un régulateur de vitesse adaptatif. Cela peut paraître luxueux, mais est présent sur la Swift à peine plus chère. Mais surtout, en descendant de l’auto, on doit louer le confort des sièges. Malgré un parcours avec un minimum de pause, on sort de l’Ignis sans mal au dos. Beaucoup de modèles de gamme supérieure pourraient en prendre de la graine !

Suzuki Ignis 2021

La Suzuki Ignis sur la route des champs…

Quittons les grands axes pour prendre les petites routes de montagne. Un des atouts en ville de l’Ignis, c’est sa taille passe-partout. Eh bien, c’est également une force quand il s’agit de croiser une auto dans l’arrière-pays provençal. Le citadin n’ayant pas l’habitude de ces routes pourra se garer sans trop de pression, et croiser un autre véhicule plus imposant aisément.

Autre point qui peut sembler un détail d’un autre temps, cette version Pack dispose de la navigation intégrée. Pourtant, en altitude sur des sentiers reculés, quand le réseau téléphonique ne s’appelle plus 4G mais GSM, vous serez ravi de disposer de ce service. Rappelons que l’Ignis existe en version 4×4 boite manuelle, et que l’on retrouve fréquemment ce véhicule en montagne.

Reste à juger les performances du petit 83ch dans ce milieu qui lui est inhospitalier, peut-être encore plus en boite automatique. C’est le cas sur le papier, mais en conditions réelles, ce vaillant petit moteur s’en sort plutôt bien. Il est suffisant pour se relancer au moindre lacet, et attaque sans broncher les pentes ardues. Ces consommations sont alors correctes, sans vraiment pourvoir bénéficier d’économie de carburant grâce à la micro-hybridation.

…et la route d’Auchan

Il serait dommage de ne pas toucher un mot de cette puce des villes en mode urbain. Nous allons cependant retrouver quelques grands atouts déjà évoqués ci-dessus, et qui font de la Suzuki Ignis une auto parfaite en ville.

Déjà, ses dimensions sont ici idéales pour se faufiler entre les autos, dont celles mal garées en double file. Sa largeur de 1m69 vous assure de passer presque partout, et sa longueur de 3,7 mètres vous permettra également de trouver plus facilement une place, un des nerfs de la guerre en fin de journée. Son côté petit SUV lui permet également d’escalader les trottoirs pour trouver la place parfaite. Et pour les courses, de nouveau la modularité intérieure vous rendra de beaux services, permettant d’emporter les victuailles de la semaine, et même bien plus avec les sièges rabattus.

C’est en ville que la micro-hybridation est le plus utile, et permet d’obtenir des consommations passant sous les 6 litres/100km (à partir de 4,6 litres selon les données constructeurs en norme NEDC, ou 5,8 litres en norme WLTP). Le stop & start est également de la partie et assure une baisse des émissions de CO2, ainsi qu’une consommation à l’arrêt à chaque feu rouge.

Deux équipements manquent par contre particulièrement en ville. Le premier, et cela vaut pour de nombreuses Suzuki, c’est la condamnation automatique des portes après le démarrage. Il faudra prendre l’habitude d’utiliser manuellement la fermeture centralisée quand on monte à bord. C’est une absence étonnante, ce système étant présent depuis de très nombreuses années sur la quasi totalité des autos vendues. Et puis on regrettera également l’absence d’un détecteur d’angle mort. Pourtant, entre les rétroviseurs qui ne manquent pas de confort (rabattables électriquement et avec dégivrage), et des capteurs de recul, on peut se dire que ce système était largement à la portée de l’Ignis. Ces petits manques n’empêchent pas l’auto d’être une reine des villes.

Road trip en Suzuki Ignis hybride

En résumé, notre avis sur la Suzuki Ignis : la polyvalence sur 4 roues

La Suzuki Ignis est une des voitures les plus malignes de son époque : taille réduite avec espace intérieur généreux et modulable, micro-hybridation et poids léger permettant de basses consommations, sans oublier un équipement généreux pour un prix contenu. Mais sa force est de pouvoir quitter sa zone de confort urbaine pour vous mener parfaitement sur de longs trajets.

Certes, ce sera un peu juste pour une famille entière avec bagages. Mais à trois, et une moitié de banquette rabattue, elle n’aura peur de rien. On en arrive même à en vouloir encore plus ! Le régulateur adaptatif serait un must sur cette auto, et on pourra aussi regretter des options présentes au Japon mais non importées sur nos versions comme la caméra 360° ou une version 4×4 disponible avec la boite CVT. Mais qu’à cela ne tienne, la Suzuki Ignis est attachante même dans ces petits défauts, et pourrait bien s’imposer dans vos cœurs au moindre essai.

Le prix de base de l’auto est de 14 890€ en finition Avantage 2 roues motrices et boite manuelle. Notre version d’essai Pack en boite automatique et teinte So’Color est au prix catalogue de 19 650€. La version 4 roues motrices commence pour sa part à 18 010€.

Notre avis sur la Suzuki Ignis restylée

Rédigé par Alain Daldem

Média, automobile, et gastronomie : trois domaines différents mais qui font mon quotidien. Je reste à l'affût des actualités de ces secteurs. Au plaisir de les partager prochainement avec vous sur masculin.com !