Formule E 2022 : le championnat électrique a-t-il encore un intérêt ?

La huitième saison du championnat de Formule E débute le 28 janvier 2022 sur le circuit de Diriyah, en Arabie Saoudite. 22 pilotes seront en lice pour succéder au palmarès à Nyck de Vries sur Mercedes, et notamment notre Frenchy Jean-Eric Vergne.

Mais qui s’y intéresse vraiment ? Quels sont les atouts et les spécificités de ce championnat ? On va essayer de vous donner envie (ou pas) de suivre cette compétition électrisante.

Formule E vs F1 : un combat perdu d’avance ?

Quand le championnat de Formule E a débarqué en 2014, on se demandait si celui-ci n’allait pas porter un coup fatal à la vieillissante F1, ses courses monotones, ses voitures bruyantes et polluantes…

« Merci » Netflix

Mais entre-temps, la F1 est redevenue sexy. L’hégémonie de Sebastian Vettel a pris fin… et même celle de Lewis Hamilton cette année, au profit de Max Verstappen. L’arrivée de moteurs V6 hybrides, décriés par les puristes, a même permis d’engager un processus d’électrification (au même titre que les voitures de rallye ou d’endurance, désormais).

Et surtout, comment ne pas évoquer la création de Drive To Survive, la série Netflix qui arrive à rendre une lutte pour la 12e place ultra-passionnante ? Que l’on soit passionné de sport auto ou pas à la base, ce documentaire a totalement déringardisé la Formule 1, en en faisant un show de tous les instants. On aime ou pas, mais on ne peut que reconnaître le sens du spectacle !

Des courses pas si spectaculaires

A l’inverse, la Formule E, que l’on nous annonçait comme la nouvelle discipline la plus spectaculaire, n’a pas forcément tenu toutes ses promesses. Et les « anti-voiture électrique » ont pu s’en donner à coeur joie face au déroulement de certaines courses.

Souvenons-nous que, lors des premières saisons, les pilotes de Formula E étaient obligés de changer de monoplace pendant la course, afin d’avoir suffisamment d’énergie pour boucler tous leurs tours… On n’oubliera pas de mentionner le fameux bruit de tondeuse à gazon, les problèmes techniques (plutôt que mécaniques) et le résultat complètement aléatoire de certaines courses.

Quant aux circuits urbains, s’ils paraissaient séduisants sur le papier (ah, Paris, l’esplanade des Invalides), ils ont trop souvent donné lieu à d’interminables processions en ville… quand ils ne donnaient pas l’impression d’assister à une course sur le parking d’un supermarché (coucou l’ePrix de Miami).

Formule E - ePrix Diriyah 2021

La « F1 électrique » a aussi du bon !

Il serait pourtant injuste de simplement critiquer ce championnat de Formule E, officiellement reconnu comme « championnat du monde » par la FIA depuis 2021. Car celui-ci a aussi quelque chose de rafraichissant : le « mode Attaque » ou le « Fan Boost« , par exemple, ne font pas l’unanimité, mais apportent une vraie touche ludique !

Et si la catégorie donnait l’impression de servir de « maison de retraite » aux pilotes de F1 lors de ses premiers tours de roues (Nick Heidfeld, Jarno Trulli, Jacques Villeneuve…), elle permet aujourd’hui de mettre en lumière des pilotes pleins de talent qui n’ont jamais eu leur chance dans la catégorie reine, à l’image de António Félix da Costa, Sam Bird ou encore Mitch Evans.

Du côté des constructeurs aussi, la Formule E a permis à certaines marques de peaufiner leur technologie électrique : Renault, DS mais aussi Porsche, Jaguar… Et si BMW et Audi se sont retirés à l’issue de la saison 2021, suivi dans les mois à venir par Mercedes, Maserati a déjà annoncé son arrivée pour 2023 et McLaren pourrait lui emboîter le pas.

Quelles nouveautés pour le championnat 2022 ?

Oliver Askew, Dan Ticktum et l’ancien pilote F1 Alfa Romeo Antonio Giovinazzi seront les 3 rookies de cette 8e saison de Formule E, la dernière avec des monoplaces de génération 2. La puissance des voitures évoluera légèrement cette année (passant de 200 kW à 220 kW), avant l’arrivée de la Gen.3, des bolides encore plus puissants et performants en 2023.

Porsche Formule E 2022

De nouveaux circuits… mais pas en Europe

Avec 16 courses au programme, cette saison 2022 bat un nouveau record. Deux courses étaient initialement prévues en mars (notamment en Chine), mais ont dû être annulées. Six ePrix donneront donc lieu à un doublon (deux courses sur un même week-end), dès l’ouverture à Diriyah, puis à Rome, Berlin, New, York, Londres et Séoul, pour la clôture du championnat.

Si l’ePrix du Cap, en Afrique du Sud, disparaît du calendrier, des petits nouveaux le rejoignent : Séoul (Corée du Sud), donc, mais aussi Vancouver (Canada) et Jakarta (Indonésie). Une façon pour la compétition de poursuivre son internationalisation, alors que seuls 4 circuits européens demeurent présents… soit autant que l’Amérique du Nord. Outre la piste canadienne, les pilotes s’affronteront du côté de Mexico ainsi que sur le circuit sinueux tracé autour du port de Brooklyn, à New York.

Des qualifications revues et corrigées

Le format des qualifications était décrié de longue date par les pilotes et écuries, qui les jugeaient trop aléatoires et trop liées à l’évolution de la piste (ceux qui partaient en dernier étant clairement avantagés).

Désormais, les 22 pilotes s’affronteront dans un premier temps lors d’une phase de groupe pendant 10 minutes. Répartis dans 2 poules de 11 (selon leur classement en championnat), ils pourront effectuer un nombre illimité de tours et les 4 premiers de chaque groupe seront qualifiés pour les quarts de finale à élimination directe. Les vainqueurs de ces duels s’affronteront ensuite en demi-finales puis en finale, afin de déterminer l’auteur de la pole position.

Jean-Eric Vergne, seul pilote français engagé

Franck Montagny, Nicolas Prost, Charles Pic, Stéphane Sarrazin, Loïc Duval… Un grand nombre de pilotes tricolores sont passés par le championnat de Formule E depuis sa création.

Mais pour ce cru 2022, il n’en restera qu’un, le seul à avoir remporté le titre de champion du monde (2 fois même, en 2018 et 2019 !) : Jean-Eric Vergne. Cette année encore, JEV reste fidèle à son écurie DS Techeetah et les deux essaieront de retrouver les sommets après une saison 2021 décevante.

La grille de départ (écuries / pilotes) du championnat 2022 :

Avalanche Andretti : Jake Dennis (GBR) – Oliver Askew (USA)
Dragon-Penske : Antonio Giovinazzi (ITA) – Sergio Sette Camara (BRE)
DS Techeetah : Jean-Eric Vergne – Antonio Félix da Costa (POR)
Nissan e.dams : Sébastien Buemi (SUI) – Maximilian Günther (ALL)
Mahindra : Oliver Rowland (GBR) – Alexander Sims (ALL)
Mercedes : Nyck de Vries (PBS) – Stoffel Vandoorne (BEL)
Porsche : André Lotterer (ALL) – Pascal Wehrlein (ALL)
Jaguar : Mitch Evans (NZL) – Sam Bird (GBR)
Venturi : Edoardo Mortara (SUI) – Lucas Di Grassi (BRE)
Envision : Robin Frijns (PBS) – Nick Cassidy (NZL)
NIO : Oliver Turvey (GBR) – Dan Ticktum (GBR)

Formule E - Jean-Eric Vergne - DS Techeetah

Le calendrier de la saison 2022 de Formule E

28 et 29 janvier : 2 courses à Diriyah (Arabie saoudite)
12 février : Mexico (Mexique)
9 et 10 avril : 2 courses à Rome (Italie)
30 avril : Monte-Carlo (Monaco)
14 et 15 mai : 2 courses à Berlin (Allemagne)
4 juin : Jakarta (Indonésie)
2 juillet : Vancouver (Canada)
16 et 17 juillet : 2 courses à New York (Etats-Unis)
30 et 31 juillet : 2 courses à Londres (Grande-Bretagne)
13 et 14 août : 2 courses à Séoul (Corée du Sud)

L’intégralité du championnat est à suivre sur le groupe L’Equipe, sur le Live Internet ou la chaîne TV.

Rédigé par Ludovic

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