Essai Hyundai Ioniq 6 : la berline électrique qui veut fendre l’air

Streamliner électrifié. Berline atypique. Vraie fausse Porsche Panamera. La Hyundai Ioniq 6, c’est un peu tout cela à la fois. C’est aussi et surtout une voiture qui ne laisse pas insensible, sur laquelle on se retourne, qu’on l’aime ou qu’on la déteste !

Mais au-delà de ces considérations esthétiques, la Ioniq 6 affiche de belles promesses routières, avec ses lignes élancées et son autonomie supérieure à 600 km sur le papier. Sont-elles tenues ? C’est ce que nous avons pu vérifier sur les routes du Sud de la France, entre Avignon et Aix-en-Provence.

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Essai Hyundai Ioniq 6

Poupées russes vs jeu d’échecs : la stratégie payante de Hyundai ?

A l’heure où l’on reproche souvent aux voitures de trop se ressembler et aux constructeurs de ne pas assez « oser », Hyundai a le mérite de se distinguer de bon nombre de ses camarades.

Ainsi entend-on souvent parler de la stratégie des poupées russes dans l’automobile, consistant à adopter un design global et à le décliner du plus petit modèle au plus grand. Chez Hyundai, on préfère parler du jeu d’échecs avec une multitude de pièces différentes, chacune pouvant être considérée comme une pièce forte.

C’est le cas dans la gamme « classique » des véhicules thermiques et électrifiés, où le Kona (qui sera renouvelé en 2023) et le Tucson, par exemple, ne manquent pas de personnalité. Mais c’est surtout dans sa gamme 100% électrique Ioniq que la firme de Namyang applique cette théorie : après l’excellent SUV Ioniq 5 et en attendant l’intriguant Ioniq 7, c’est avec cette longiligne Ioniq 6 que Hyundai veut marquer les esprits. Et avant même d’en prendre le volant, on peut dire que c’est réussi. Car dès la publication des premières photos, cette berline pas comme les autres a suscité bon nombre de réactions.

En attendant, ce nouveau modèle arrive dans un drôle de contexte. Alors que le marché automobile européen est morose, Hyundai ne cesse de battre ses propres records, ayant enregistré quelque 47 000 immatriculations en France en 2022, pour une part de marché approchant les 4% (alors que celle-ci n’était que de 0,8% en 2014). Porté par les succès du Tucson (17 000 ventes) et du Kona (12 000 ventes), le constructeur essaiera de faire au moins aussi bien en 2023. D’ailleurs, l’objectif de la Ioniq 6 sera de marcher dans les pas de la Ioniq 5, qui représente « déjà » plus de 5% des immatriculations Hyundai

Et mes courbes, tu les aimes, mes courbes ?

Un mot-clé semble avoir guidé les designers coréens aussi bien que l’équipe de communication du constructeur : aérodynamique. Pendant ces deux jours d’essai, le mot a résonné plusieurs dizaines de fois et on comprend aisément pourquoi.

Du concept Prophecy à la Ioniq 6

4m85 de long, 1m88 de large pour 1m50 de haut, le tout avec un empattement de 2m95 : la Ioniq 6 affiche un gabarit pas banal. La voiture est directement dérivée du concept Prophecy, qui aurait dû être présenté au Salon de Genève 2020. De faux airs de Mercedes CLS de profil, une ligne de toit très plongeante qui se termine avec un postérieur qui fait fortement penser à une Porsche : après les angles de la Ioniq 5, cette nouvelle berline change radicalement de registre.

Pour évoquer ces lignes fluides, Hyundai parle de streamline, ce courant des années 1930 issu du style Bauhaus (également connu sous le nom de style « paquebot »), qui visait à créer des objets aussi efficients que possible. On a tous en tête des images des caravanes et locomotives élancées de l’époque et voir cette Ioniq 6 qualifiée de « streamliner électrifié » n’a rien d’aberrant.

Une voiture dessinée pour fendre l’air

Vous l’aurez compris, ces courbes affolantes ne sont pas une simple coquetterie esthétique. Tout a ici été pensé pour optimiser la pénétration du véhicule dans l’air, réduire sa trainée. Bref, le rendre plus efficient et le doter de la meilleure autonomie possible. En chiffres, cela correspond à un Cx de 0,21, soit « l’un des meilleurs au monde » dixit Hyundai.

En y regardant de plus près, on ne peut que saluer le travail des ingénieurs. Aucun élément de la carrosserie n’a été installé au hasard, du volet d’air actif en-dessous de la calandre (qui s’active en roulant pour limiter la quantité d’air pénétrant sous le capot) au becquet arrière inspiré par le Spitfire anglais (qui augmente l’appui aéro et améliore la tenue de route), en passant par le réducteur de passage de roue à l’avant (là encore, pour limiter les perturbations liées à l’air entrant).

On se rendra compte lors de l’essai de l’intérêt de ces différents appendices, la Ioniq 6 semblant toujours fendre l’air après avoir relâché la pédale d’accélérateur…

La Ioniq 6 en pratique

Justement, il est temps temps de prendre le volant du bolide et de voir comment cette Ioniq 6 se comporte sur la route. Pour cela, Hyundai nous a fixé rendez-vous du côté d’Avignon, avant de prendre la direction d’Aix-en-Provence, via le massif des Alpilles et Les Baux-de-Provence. Au programme, un itinéraire varié entre routes sinueuses et voies rapides, et un bon moyen d’évaluer la consommation (et donc l’autonomie) du véhicule.

Hyundai Ioniq 6 électrique

Un espace à bord impressionnant, mais…

Si les années 1930 ont inspiré les designers à l’extérieur, on est pleinement ancré dans le 21e siècle à bord de la voiture. Et c’est une énorme sensation d’espace qui nous envahit quand on prend place dans les sièges, renforcée par la sellerie claire de notre modèle d’essai (et malgré un toit vitré de petite surface).

Même quand on mesure près d’1m90, les jambes ont de la place pour s’étendre, à l’avant aussi bien qu’à l’arrière. Dommage, en revanche, que la garde au toit soit plus limitée au second rang, la faute à cette ligne de toit si tombante.

L’absence de boutons sur les portes avant et la planche de bord très horizontale participent à cette ambiance épurée. Notons aussi que les espaces de rangement sont relativement nombreux, que ce soit sous la console centrale ou au niveau de la boîte à gants (qui s’ouvre comme un tiroir).

Pour les valises, la Ioniq 6 fait l’impasse sur le hayon mais se dote d’un coffre avec une ouverture plus réduite et un volume de chargement de 401 litres « seulement » (beaucoup moins que la Peugeot 408 ou… la Ioniq 5 et ses 527 litres minimum, par exemple).

Intérieur Hyundai Ioniq 6

Tout en douceur

C’est une batterie de 77,4 kWh qui propulse notre véhicule d’essai (une version 4 roues motrices HTRAC est aussi disponible), qui développe une puissance de 229 chevaux (168 kW) et un couple maxi de 350 Nm.

Chaussé de jantes 18 pouces, notre beau bébé affiche 1985 kilos sur la balance (et un peu plus de 2 tonnes avec les jantes 20 pouces). Cela contribue à expliquer pourquoi l’accélération n’est pas aussi foudroyante qu’on aurait pu l’imaginer, avec un 0-100km/h abattu en 7,4 secondes. Mais pour ceux qui aiment être collés au fond du siège au démarrage, un passage en mode « sport » offre davantage de sensations.

Mais justement, la sensation qui prédomine au volant, c’est la tranquillité. Tout semble facile, tout coule : malgré son gabarit, la Ioniq 6 se montre agile dans les courbes et son empattement XXL ne se fait même pas trop sentir dans les rues d’Avignon. Dotées de l’arsenal technologique désormais habituel, elle passe en mode (presque) automatique sur autoroute, avec le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide au maintien dans la voie et l’assistance active sur autoroute avec fonction changement de voie.

Si l’on ajoute la présence de sièges ventilés et chauffants avec soutien lombaire à l’avant (mais aussi de sièges arrière chauffants dès le deuxième niveau de finition), d’un affichage tête haute, de prises USB-C à l’avant et à l’arrière, notre streamliner coréen s’avère particulièrement agréable à vivre.

Rouler en électrique est (enfin) un plaisir ?

Au terme de notre parcours, et sans avoir adopté pour l’éco-conduite, les chiffres sont bluffants : 14,3 kWh. Même en se calant à 120-130 km/h sur autoroute, et quand le mistral ne s’en mêle pas trop, la consommation reste maîtrisée, autour de 23 kWh.

Néanmoins, on reste loin des 614 kilomètres d’autonomie promis selon la norme WLTP, même si l’on peut raisonnablement compter sur 450 km sans avoir à recharger. Dotée pour la première fois du planificateur de trajet, la nouvelle Hyundai permet d’envisager des road-trips au long cours sans (trop) se soucier de sa batterie électrique. D’autant qu’elle bénéficie de la charge ultra-rapide de 800V, qui lui permet en théorie de passer de 10 à 80% (soit une autonomie retrouvée de 350 km) en 15 minutes. Encore faut-il que le réseau suive et que votre borne accepte de délivrer la pleine puissance…

Autonomie Hyundai Ioniq 6

En résumé, notre avis sur la Hyundai Ioniq 6

A l’heure où la grande majorité de la production automobile s’articule autour des SUV, l’arrivée de cette Ioniq 6 a déjà le mérite d’apporter une touche d’originalité. C’est encore plus vrai quand on regarde le design du véhicule, qui ne laissera personne insensible… quitte à ne pas faire l’unanimité !

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Face à sa concurrente toute désignée, la Tesla Model 3, la berline coréenne a plus d’un atout dans sa manche, en dépit d’un prix supérieur… pour l’instant (à partir de 52 200€). Et même si l’on élargit la comparaison à des modèles comme l’ID.5 de Volkswagen, la Polestar 2 voire la BMW i4, la Ioniq 6 dispose d’arguments très solides.

Notre avis sur la Hyundai Ioniq 6

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